Faire un édito politique sans critiquer, c’est aussi incongru que de manger des œufs de Pâques à Noël... Mais bon, j’essaie ! Je ne vais pas pousser la gentillesse obligatoire de Noël jusqu’à dire du bien mais on pourrait tenter juste de positiver. Donc positivons: à droite, hé bien les mois qui viennent seront passionnants et permettront peut-être à l’UMP de passer de sa forme actuelle, c'est-à-dire un fan club du Président à celle d’un parti, disons, pas démocratique, il ne faut pas exagérer, mais un mouvement au sein duquel il y aurait des débats de fonds. Cette transformation ne viendra pas de la volonté des chefs de l’UMP mais de la façon dont vont se dérouler les prochains débats parlementaires et des répercutions inévitables sur le parti majoritaire. En effet, Jean- François Copé, le Président du groupe UMP à l’Assemblée et Gérard Larcher, le Président du Sénat, ne veulent plus se laisser imposer des réformes à un rythme de rafales kalachnikov, livrées clefs en mains par l’Elysée. L’époque des godillots est terminée...et ça débattra d’autant plus intensément que l’application, à partir de mars prochain, de la réforme des institutions donnera plus de latitudes aux parlementaires. Et c’est à mettre au crédit du Président même si je ne suis pas sûr qu’il pensait exactement à ça en promettant de donner plus de pouvoir aux assemblées. Bonne nouvelle, l’UMP sera un lieu de débat en 2009, comme ce fut le cas en cette fin d’année autour du texte sur le travail du dimanche. Les textes sur la relance économique vont opposer les tenants du libéralisme à une tradition bien ancrée dans la droite française de promoteurs d’une certaine régulation, d’un Etat fort, d’un colbertisme qui pourrait retrouver sa raison d’être à la faveur de la crise. S’il y a débat il faudra que, nous les observateurs nous ne criions pas tout de suite à la division. Voila une bonne résolution que je concède uniquement parce que c’est le jour de Noël ! La gauche à l’actualité pour elle. La crise est celle du capitalisme, le PS en a fini avec son congrès et figurez vous que le PS, comme l’UMP, va être un lieu de débat puisqu’il y a deux PS en réalité, le vrai, le canal historique de Martine Aubry et le vrai-faux PS de Ségolène Royal... Paradoxalement, je suis moins sûr que ces débats aient grand chose à voir avec l’idéologie. Le PS a réglé ses questions d’orientations. Les partisans de Ségolène Royal, comme ceux de Martine Aubry, ont signé l’année dernière la même nouvelle déclaration de principes de leur parti de facture sociale-démocrate. Bref, il y a moins de différences idéologiques entre Aubry et Royal qu’entre les tendances libérales et régulatrices de l’UMP. Les interrogations sur l’identité idéologique ont changé de camp ces derniers mois. Et pour 2009, il y a la gauche de la gauche. Ou plutôt les gauches de la gauche devrait-ont dire. Ce sera l’année du rassemblement ou de l’émiettement fatal. Il faudra que les amis de Jean-Luc Mélenchon, le PC, le NPA, Lutte Ouvrière se décident à trancher entre une attitude protestataire, néo-révolutionnaire et une posture de compère de gauche du PS en vue de gouverner un jour. C’est un choix existentiel et compliqué et je doute qu’il soit tranché bientôt. Il y a les écologistes qui ont réussi à s’unir et à élaborer un projet. Ils vont peut-être devenir, eux, comme dans beaucoup de collectivités locales, les alliés privilégiés du PS. Il y a le MODEM. Son avenir ne tient qu’au talent de François Bayrou et à l’état du PS. Ces deux facteurs sont aléatoires et fluctuants. Enfin il y a le FN... « Enfin » est le bon mot, il se meurt parce que la peur sociale remplace la peur de l’étranger et surtout parce que son leader charismatique commence à sucrer les fraises. Mais je recommence à dire du mal... alors Joyeux noël à tous!

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