L'édito politique de Jacques Julliard

Retour sur l'année 2012 avec de grandes signatures de la presse cette semaine. Après Franz-Olivier Giesbert, ce matin Jacques Julliard. Année 2012, quel fut l'évenement marquant?

L’événement politique le plus important de l’année ? Peut-être bien - et même sans doute - l’élection de François Hollande à la Présidence de la République, à condition que sa chance ne l’abandonne pas. C’est l’avenir qui le dira. En politique, on ne sait jamais de quoi hier sera fait.

En attendant, ce n’est pas un événement précis qui domine l’année écoulée, mais une tendance, à savoir la dégradation accélérée de nos mœurs politiques, et la crise de confiance qu’elle entraîne entre les citoyens et cette classe politique elle-même. Pendant quatre ans, le parti socialiste a été gouverné par Martine Aubry, dont tout le monde admet aujourd’hui qu’elle fut élue à la suite de trucages électoraux honteux et nombreux. Aujourd’hui, l’autre grand parti français, l’UMP, va être dirigé, au moins jusqu’à septembre prochain, par un homme, Jean-François Copé qui fut « élu » si l’on peut ainsi s’exprimer, grâce à des trafics et des trucages dignes de républiques bananières. A telle enseigne que le Président de la COCOE,-cela ne s’invente pas- M.Gélard, un professeur de droit, n’a pas craint de déclarer que la fraude faisait partie des traditions historiques dans certaines fédérations. En somme, comme la corrida dans le Sud-Ouest.

Et ce professeur de droit n’a pas trouvé à y redire.

La démocratie qui est le moins mauvais des régimes, devient le pire quand la malhonnêteté, la fraude et la corruption y règnent. Et pourquoi ? Car il n’y a pas de contre pouvoir à la souveraineté du peuple dont se réclament les truqueurs. Nous en sommes là.

Nous sommes pour partie gouvernés par des menteurs, des truqueurs, des imposteurs. Etonnez-vous, après cela, de la montée du populisme et de l’antiparlementarisme, à l’extrême gauche parfois, et surtout au Front national.

Quand le peuple n’a plus que mépris pour ses dirigeants, alors les gouvernements ne sont pas écoutés, et le pays est prêt soit pour le déclin, soit pour l’aventure.

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