Ce matin vous faites votre bilan politique de l’année 2014…

Oui même ce matin…pas de trêve des confiseurs à France Inter ! On va prendre un peu de hauteur quand même ! L’année qui s’achève -donc- aura été marquée par une évolution particulière du paysage politique français. Avant d’en arriver à cette situation de 2014, et pour bien comprendre ce qu’elle a de spectaculaire, il faut d’abord se remémorer le chemin parcouru par les grands courants politiques du pays. Depuis le début de la Vème République, c'est-à-dire depuis 1958, la France est divisée en deux camps. C’était, croyait-on, nos institutions, nos modes de scrutin, qui imposaient ce bipartisme, cette bipolarité : la droite et la gauche. Et puis voilà qu’en 2014 (et toujours sous l’empire de la constitution voulue par le général de Gaulle), nous semblons nous ancrer dans un tripartisme solide. Donc revenons en arrière... A l’échelon national, depuis 1981, deux camps (droite et gauche) s’étaient installés dans une alternance présidentielle ou législative. A l’échelon local m, on notait une irrégulière mais constante montée en puissance de la gauche, municipale d’abord depuis 1977, puis départementale et régionale au cours des années 90 et 2000. La gauche et la droite étaient elles-mêmes divisée en deux pans. A droite, un pan gaulliste, un conservatisme, plus ou moins social, plus ou moins autoritaire, et puis un pan centriste, girondin plus ou moins libéral, plus ou moins européen. Le RPR et l’UDF.

Depuis les années 80 il y a quand même le FN qui a fait son apparition.

Oui, et en même temps, les spécificités RPR et UDF se sont amoindries, ce qui fait qu’à droite nous avions toujours deux pans : la droite parlementaire (l’UMP, depuis 2004) et la droite protestataire. Seule la première pouvait arriver au pouvoir. A gauche, l’évolution était comparable. L’alliance des deux gauches, communistes et socialistes, qui avait conquis le pouvoir en 81, s’était fracassée en passant de la théorie à la pratique. Ces dernières années, nous avions vu se dessiner deux nouveaux pans de la gauche, l’un protestataire et l’autre, gouvernemental…comme à droite ! Et en 2014, toute cette belle architecture, cette symétrie droite gauche, avec dans chaque camp les protestataires et les gouvernementaux, s’est effondrée. Nous voilà dans une configuration tripartite. La gauche de la gauche est hors jeu. Mais parmi le PS, l’UMP et le FN, inconciliables, il n’y en aura que deux au second tour en 2017. Et personne ne peut dire lesquels avec la moindre certitude. La question est de savoir si ce tripartisme inédit représente la véritable traduction des divisions politiques françaises actuelles, si cette disposition s’ancre vraiment et pour longtemps, ou si ce n’est qu’un état transitoire, un aléa conjoncturel, qui présage une reconfiguration du paysage. Si c’est le cas, alors l’un de ces pôles, l’UMP, le PS ou le FN, est amené à disparaître (pas forcément idéologiquement mais structurellement) et à être incorporé, digéré par les deux autres, qui rétabliront le bipartisme traditionnel. Ce sont les années qui nous séparent de 2017 qui nous le diront…

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