En temps de campagne présidentielle, les candidats aiment généralement s'afficher partout, de préférence avec du monde autour d'eux, en France comme à l'étranger. Mais il y a un endroit où vous ne rencontrerez aucun des prétendants à l'Elysée. 1600 mètres d'altitude, la neige est au rendez-vous. C'est une des stations les plus huppées de Suisse. Vous pouvez y skier bien sûr, mais l'intérêt d'y aller maintenant, c'est d'y rencontrer les dirigeants des plus grosses entreprises mondiales, les plus grands économistes, quelques "peoples", Sharon Stone, Angelina Jolie les années précédentes, cet hiver, Claudia Schiffer et Bono sont attendus. Une vingtaine de chefs d'état et de gouvernement, 85 ministres qui parlent de la lutte contre le sida, du conflit israélo palestinien en passant par l'émergence des nouvelles puissances Chine et Inde. Vous aurez reconnu évidemment Davos et son forum économique mondial. Tout le gotha de la planète donc est là, et... pas un français ! Si, des chefs d'entreprises français, 3 ministres et le blogueur personnel de Nicolas Sarkozy, Loïc Le Meur, y feront un saut, mais aucun des 40 candidats à la présidentielle ne fera le déplacement ! Comment expliquer une telle discrétion alors que ces mêmes candidats pour la plupart : 1. ne rechignent pas en général à voyager pour se forger disent-ils une stature internationale. 2. acceptent avec plus ou moins d'enthousiasme ou de réticence, mais acceptent, à l'exception évidemment de l'extrême gauche, les règles économiques et philosophiques qui prévalent à Davos, c'est-à-dire l'économie de marché ? Alors pourquoi ne pas aller discuter, connaitre, comprendre, critiquer, l'économie telle qu'elle va, à Davos ? Et bien parce que dans notre imaginaire français, et encore plus en période électorale, Davos, c'est le sommet du capitalisme mondial, le mal absolu ! Et qu'aucun des candidats, tout libéral soit-il, ne veut s'afficher avec le diable ! Nicolas Sarkozy, est peut-être prêt à alléger au maximum l'ISF grâce à de nouvelles déductions, mais le discours qu'il préfère tenir publiquement pour donner une image plus consensuelle, est celui qui s'adresse aux travailleurs et aux travailleuses en France. On ne gagne pas avec l'étiquette Libérale scotchée sur le front, souvenez-vous du piètre score de Madelin en 2002, 2,7% des voix. Pour la petite histoire, le lieu est si marqué, que lorsqu'à Noël, le couple Sarkozy est parti skier à Davos, ses conseillers en ont eu des sueurs froides, de crainte de voir son image salie, presque souillée. Mais, s'il n'y a donc personne chez les maitres du monde, il n'y avait pas grand monde non plus chez les alter mondialistes, il y a quelques jours à Nairobi. En 2002, les candidats Mamère, Besancenot, Chevènement, mais aussi les Bové, Hollande, et Serge Lepeltier, émissaire spécial de Jacques Chirac étaient partis à Porto Allègre. Cette année, seul Olivier Besancenot est parti en Afrique. Mondialisation acceptée, ingérée, ou incapacité à trouver les moyens de l'infléchir ? En tout cas ce qui est sûr, c'est qu'en 2007, les candidats la jouent très franco français.

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