**Les sénateurs s’apprêtent à discuter en séance, d'une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie.Oui c’est un texte qui a été voté la semaine dernière en commission des affaires sociales du Sénat. Il ne sera sans doute pas adopté à la fin mais il relance, encore, le débat sur le droit à mourir. Rappelons que c’est une proposition de loi et non pas un projet de loi, ce sont donc des parlementaires qui en sont à l’origine, et, signalons-le, le texte adopté en commission résulte de la fusion de trois propositions différentes de trois sénateurs communistes, socialistes et UMP. Sur ces sujets, bien sûr, la frontière droite/gauche est assez inopérante même si, globalement l’UMP est plutôt contre ce projet et le PS, les écologistes et les communistes plutôt pour. Que dit le texte ? Il propose, je cite : « un droit à demander une assistance médicale pour mourir » pour les malades en phase terminale d'affection incurable. Le texte prévoit pour tout adulte la possibilité de mettre par écrit sa volonté à respecter s'il lui arrive de ne plus être en état de l'exprimer. Il accorde aussi aux médecins « une clause de conscience » qui leur permet de refuser d'accomplir cet acte définitif. D’autres propositions en ce sens ont déjà été formulées par des parlementaires par le passé mais ça n’a jamais abouti, pourtant une large majorité des Français interrogés dans diverses enquêtes se montrent favorables à une telle loi, preuve d’une évolution des mentalités, si tant est que l’acceptation de l’euthanasie puisse être considérer comme étant une avancée, ce qui est bien sûr une opinion toute personnelle, voire intime. Pour l’instant les médecins confrontés à ces questions de fin de vie se réfèrent à la loi Leonetti de 2005 qui est censée leur permettre de ne pas sombrer dans ce que l’on appelle l’acharnement thérapeutique. Mais les contours de cette notion d’acharnement thérapeutique sont flous, variables et complexes à évaluer. La loi Leonetti, le « laisser mourir » ne satisfait personne, ni les médecins, ni les familles désemparées. La proposition des sénateurs va beaucoup plus loin et s’apparenterait donc à la légalisation de l’euthanasie en France. François Fillon s’est prononcé contre ce texte dans une tribune publiée dans Le Monde.Oui et il exprime ainsi l’avis de l’exécutif et du chef de la majorité donc, ce texte sera repoussé. C’est aussi un avis très personnel et c’est normal sur un tel sujet : « je suis hostile à la légalisation d’une aide active à mourir » dit-il. On peut s’échanger tous les arguments que l’on veut, c’est un sujet qui évolue beaucoup plus par maturation personnelle, par prise de conscience. Les témoignages (on se souvient de ceux de la famille Humbert), les échanges d’expérience font plus que le débat politique classique mais il est un fait indéniable (et politique) celui-là, que personne ne peut contester : la situation actuelle est intenable. Puisqu’on est bien obligé de constater l’inertie de l’exécutif sur ce sujet, le cadre de l’élection présidentielle serait parfait pour en débattre et enfin trancher au lendemain de 2012. L’euthanasie comme sujet de la prochaine présidentielle, comme des questions aussi triviales que la fiscalité, la sécurité, le chômage, serait le meilleur moyen d’obliger les responsables politiques. Si une élection présidentielle est, comme on le dit souvent, la rencontre entre un homme (ou une femme) et le peuple, alors l’euthanasie, la mort, la souffrance sont des thèmes pour la présidentielle. Dire ce que l’on pense sur ces questions c’est aussi dire la société vers laquelle nous voulons aller.**

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