Marine Le Pen dit ne pas être sûre d’avoir ses 500 signatures.

Oui, Marine Le Pen –invitée à 8H20 ce jour- nous le confirmera sans doute, mais pour l’instant, ses équipes affirment que la candidate n’a que 300 promesses de signatures. Est-ce du baratin? Peut-être… Marine Le Pen cherche-t-elle à se poser en victime d’une démocratie qui serait confisquée par l’UMP et le PS ? Toujours est-il qu’en 2002 et 2007, Jean-Marie Le Pen s’était qualifié in-extremis avec un tout petit peu plus de 500 signatures. Il se peut que les maires n’aient pas du tout envie d’apparaître comme étant d’obédience frontiste alors qu’aucun d’entre eux n’a été élu sous l’étiquette du FN. C’est d’ailleurs un signe politique important et intéressant : le fait d’être haut dans les sondages mais de ne jamais être capable de s’allier avec quiconque pour faire une majorité, n’est pas anodin. Ça veut dire que le FN n’est pas à même de susciter un rassemblement. Mais cette explication a ses limites parce que les maires -qui seraient tentés- mais qui refusent de signer, ne le font pas, pour la plupart, après une analyse politique sur la nature du FN, mais sur ordre de leurs partis. Le PS et l’UMP ont exigé de leurs représentants qu’ils réservent leurs signatures au candidat Hollande et Sarkozy. La consigne est cette fois-ci plus strictement exprimée qu’en 2002 ou 2007.

Mais sur 36.000 municipalités, la plupart sont des communes rurales qui ne sont pas politiquement étiquetées !

Oui, les trois quart des maires (principalement des maires de villages) ne sont pas encartés… mais ils sont de plus en plus dépendants de leurs homologues des grandes villes qui, eux, le sont. Avec la multiplication des communautés de communes, la vie des toutes petites villes est très liée à celles de leurs grandes sœurs et les moyens de pression des maires de grosses bourgades sur les élus ruraux s’amplifient. Pas de vagues, pas de scandales, voila le maître mot chez les petits maires étranglés par les contraintes budgétaires et qui se retrouvent minoritaires dans les communautés de communes. Mais à l’UMP, on s’interroge sérieusement. Qu’adviendrait-il si Marine Le Pen n’avait pas ses signatures ? Il y a ceux qui disent « tant mieux », ça fera un scandale pendant une semaine et puis les forces politiques retrouveront leur lit naturel et Nicolas Sarkozy ne pourrait qu’y gagner. Et il y a ceux qui estiment que la colère de l’électorat du FN le poussera vers un vote sanction à l’encontre du Président. Personne ne peut avec certitude prévoir, en réalité quelle serait la réaction du corps électoral mais une chose est sûre, Marine Le Pen ferait campagne pour que Nicolas Sarkozy soit battu et que les législatives de juin soient un désastre pour l’UMP. La recomposition d’une droite exsangue après une bérézina électorale ne peut qu’être profitable au FN. L’UMP peut encore remédier à cette hypothèse catastrophique en estimant qu’il faut finalement ses signatures à Marine Le Pen. Ça peut ce faire sans mouiller aucun maire en demandant simplement à 200 parlementaires de signer pour la candidate FN et expliquant bien qu’il s’agit d’un acte purement administratif. Mais ce serait une victoire politique pour Marine Le Pen et un aveu de faiblesse pour l’UMP juste avant le scrutin. Au-delà de ces considérations d’ordre stratégique, on ne voit vraiment pas comment soutenir qu’un candidat qui représente entre 10 et 20% de l’électorat, pourrait se voir interdire de scrutin en avril (et éventuellement mai) prochains.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.