Laurent Wauquiez est ce soir l’invité de l’émission politique de France 2

Et ce sera peut-être l’occasion de percer le mystère Wauquiez. Depuis ses débuts, dans le sillage du centriste   européen et social Jacques Barrot, jusqu’à son ascension de LR par la face inverse, droite, très à droite, que s’est-il passé ? A-t-il évolué sincèrement ou s’est-il cyniquement adapté à ce qu’il croit être l’opinion de la fantasmatique «majorité silencieuse» qu’il aime citer. On ne tentera pas de démêler l’écheveau de l’ambition et de la sincérité, tant ces notions ne peuvent pas être regardées de façon binaire… Toujours est-il que Laurent Wauquiez étudie l’opinion avidement et avec minutie. Il consulte les sondeurs, les bombardent de questions pour tout savoir de ce que pense la classe moyenne, son obsession. C’est bien à partir de sondages qui montraient les ravages de l’image du RSA pour cette catégorie de Français que Laurent Wauquiez a commencé à parler du «cancer de l’assistanat». De même, ce Parisien plutôt bourgeois s’est forgé une certitude, à force de lire le géographe Christophe Guilluy et de converser avec Patrick Buisson : la voie royale pour retrouver l’oreille de la classe moyenne, c’est de se faire le porte-voix de ses angoisses et de ses peurs.

Et particulièrement de la France dite périphérique 

 Oui,  cette France chassée des centres-villes par l’immigration, la gentrification, plus probablement par la désindustrialisation urbaine. Malraux disait que le gaullisme, c’est le métro à 6 heures du soir, Wauquiez estime que LR doit être le bout des lignes de RER et autres trains régionaux. Une population trop loin des métropoles mondialisées et  métissées pour bien les connaitre mais assez proche d’elles (notamment par les écrans) pour craindre ses habitants, immigrés menaçants ou bobos distants. La France périphérique, réalité sociologique, est devenue le graal électoral de la droite. Face à cette partie de la société en souffrance sociale et existentielle, cette population qui se sent, en plus, culpabilisée de polluer avec son diesel et sa façon de consommer, 3 attitudes (de 3 présidents de région) sont observées à droite : Valérie Pécresse, libérale, prône une politique qui intègre le plus possible la France périphérique dans la modernité sans valider ses angoisses, ni renchérir sur ses craintes. Xavier Bertrand, pragmatique et social, tente de faire du cousu main local et refuse, lui aussi, les explications déclinistes et identitaires. Et puis, il y a Laurent Wauquiez qui estime que pour retrouver les faveurs de cette France, il faut faire une description de la société, à gros traits criards, conforme à ses peurs… parfois à ses fantasmes, quitte à les valider et les nourrir. Pour cela il ne faut pas hésiter à dire que Macron, président des élites mondialisés, n’aime pas la ruralité ni la culture française… que les agents de Pôle-emploi incitent les chômeurs, ces assistés, à partir en vacances… à décrire la vague migratoire comme une invasion en passe d’anéantir notre identité. Ces droites, ces façons opposées de faire de la politique, semblent, pour paraphraser Manuel Valls parlant de la gauche, « irréconciliables ». En revanche il y a bien, maintenant, avec le nouveau chef de LR, une droite conciliable (au moins idéologiquement) avec l’extrême-droite!   

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