Comme tous les lundis… nous entamons une ‘semaine cruciale ou décisive’ de la pandémie !

"On veut aller en amphi, pas chez le psy" pouvait-on lire sur la pancarte de cette manifestante, le 20 janvier 2020
"On veut aller en amphi, pas chez le psy" pouvait-on lire sur la pancarte de cette manifestante, le 20 janvier 2020 © AFP / Stéphane DUPRAT / Hans Lucas

Cette semaine en effet, mercredi, sera décidé si la France se re-re-confine. Décision très lourde qui comporte sa part de risque : faut-il confiner maintenant, avant que le variant britannique ne nous place dans une situation comparable à celle des Anglais ? Faut-il attendre que le taux de contamination soit plus haut, pour ne pas user prématurément notre capacité à supporter un nouveau confinement ? L’idée, toujours la même, est d’aplanir la courbe des admissions en soins intensifs.

Politiquement, l’équation pour l’exécutif se complique. Le premier confinement avait été décidé, bénéfice-risque établi (selon le vocabulaire médical devenu la vulgate commune) : bénéfice sanitaire évident, risques économiques tout aussi évidents. Le bénéfice est quantifiable : courbes et graphiques en tous genres, R0, taux de contamination, d’occupation des lits. Les risques économiques sont aussi quantifiables : taux de croissance, de faillites et de chômage, déficit. Même si l’arbitrage est déjà incroyablement complexe entre la santé et l’économie, on a pu mesurer les effets sanitaires, économiques -et donc sociaux- des deux premiers confinements

Puis il y a eu les dégâts scolaires, le gel culturel dramatique plus difficilement quantifiable. 

À l’orée d’un troisième possible confinement, ça se complique encore avec le facteur psychologique…

Les dégâts psychologiques individuels et collectifs sont beaucoup plus difficiles à appréhender pour le gouvernement. Quelle est l’acceptabilité des privations de libertés, de l’isolement, de la misère affective et relationnelle, par exemple, d’étudiants esseulés et sans ressources. Les relations intrafamiliales… tant de conséquences, pour le coup, qu’aucune courbe, aucun taux ne saurait traduire, ajoutent à l’hésitation actuelle de l’exécutif.

Des voix s’élèvent, qui prônent d’autres solutions que le confinement : mesures d’isolement, restrictions de déplacement plus ciblées sur les personnes à risque, les plus âgées par exemple, même si juridiquement et humainement cela parait peu praticable. En cas de nouveau confinement, comment la population supportera-t-elle les interdits, les attestations ; le repli généralisé de la vie sociale et les incertitudes quant à leur réelle efficacité face aux variants ? 

Chez nombre de nos voisins, des partis politiques, des mouvements structurés, organisent des manifestations anti-masques, anti-restrictions, comme on a pu le voir hier aux Pays-Bas. Paradoxalement, dans notre pays de Gaulois réfractaires ou de procureurs, dixit le président, les consignes ne sont pas si mal respectées

Aucune des forces politiques majeures ne les contestent, même si elles critiquent vertement les modalités, leur mise en œuvre. Serions-nous beaucoup plus raisonnables que nous le pensons ? Peut-être mais attention cela ne veut pas dire qu’il y a moins de risques de grandes souffrances peu visibles, de traumatismes, notamment dans la jeunesse. 

C’est sans doute la marque des crises majeures et historiques quand chaque lundi on a le sentiment d’ouvrir une semaine cruciale et décisive. 

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