Le gouvernement dit rester ferme sur la question du démontage des panneaux indicateurs de radars sur les routes.Claude Guéant l’assure, ils seront démontés comme convenu mais il y a aura aussi des radars pédagogiques, à la place de certains d’entre eux. C’est ce que l’on comprend pour l’instant... Le gouvernement aménage (il ne recule pas) il aménage sa réforme pour tenir compte de l’avis des parlementaires... Mais comme toujours, l’annonce au départ, prise à chaud, après la publication des mauvais chiffres d’avril, avait les accents du définitif et de l’essentiel, il fallait sauver des vies, comment contester ! L’annonce comme acte politique par excellence. La réflexion et la concertation viennent plus tard. Résultat, dans la plupart des cas, c’est une reculade. On n’en est pas encore là pour les radars. Il faudra voir à l’usage. Cette fois-ci, il faut au moins faire mine de tenir bon parce que Nicolas Sarkozy a compris qu’il ne gagne rien à reculer après avoir avancé si bruyamment. Quand Jacques Chirac décide de ne pas promulguer le CPE, il opère sans doute l’une des plus belles reculades de la Cinquième République mais avant, pendant des semaines, c’était son Premier ministre, Dominique de Villepin qui avait juré ses grands dieux que jamais il ne céderait sur cette réforme essentielle. Du coup, quand Chirac torpille le CPE, ça ressemble plus à une sage décision qu’à une capitulation. Nicolas Sarkozy, lui, paie cash ses reculades parce qu’il abuse lui-même, des deux mots que l’on ne doit utiliser qu’à bon escient et avec parcimonie en politique comme en amour : « toujours » et « jamais ». Il suffit de se rafraîchir la mémoire en listant les renoncements depuis 2007 pour comprendre le niveau de popularité du président. Allons-y pour la liste !Alors ça commence par de multiples petites annonces sans suite, comme la lecture annuelle de la lettre de Guy Môquet en CM2, l’adoption par chaque école de la mémoire d’un enfant victime de la Shoah. Puis, il y a de plus ou moins grands renoncements comme le plan Marshall pour les banlieues, la suppression du juge d’instruction, la taxe carbonne (mal faite donc retoquée par le Conseil Constitutionnel), la prime de 1000 euros (c’est aujourd’hui que l’on va savoir à quoi elle est réduite), sans parler bien sûr, de la réforme phare, celle qui fut longtemps protégée par tant de « jamais » et de « toujours » : le bouclier fiscal. Il y a les renoncements idéologiques : la discrimination positive, la laïcité positive, l’ouverture, le ministère des droits de l’Homme, la déchéance de nationalité, le débat sur l’identité nationale… Du plus concret, comme la réforme des taxis, au plus abstrait : la politique de civilisation lancée en 2008 ; une politique de civilisation, quand même ! Qui saurait encore expliquer ce que ça voulait dire ? Je ne ferai pas la liste de toutes les réformes préconisées par feu le rapport de Jacques Attali, qui souvenez-vous était plein d’idées indispensables que le Président promettait de mettre en œuvre. Le rapport Attali est remisé dans la cave de l’Elysée, peut-être entre les tableaux poussiéreux de la marquise de Pompadour, ancienne propriétaire des lieux et le mobilier 70 de Georges Pompidou. L’abandon de la suppression de panneaux annonciateurs de radars ne serait, somme toutes, qu’un petit renoncement dans cette liste non exhaustive… C’est finalement assez savoureux de constater que le Président, à qui l’on reproche beaucoup d’aller toujours trop vite mais pas assez loin, soit obligé de freiner sur la question de limitation de vitesse… comme s’il s’était flashé lui-même.

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