**Hier, le projet de loi sur le grand Paris était présenté à l’Assemblée… Nicolas Sarkozy était, lui, en banlieue pour parler sécurité… Et vous traitez ces deux sujets ce matin, Thomas ?!Oui, ces deux sujets ont en commun, non seulement de parler de l’Ile-de-France, de la politique de la ville en général mais ce sont aussi des cas d’école, assez significatifs qui nous permettent d’évoquer le rapport entre les discours et les actes. Le discours sur le grand Paris, prononcé le 29 avril dernier et le discours permanant sur la sécurité. Discours et actes, nous touchons là certainement l’un des nœuds qui peut expliquer le bas niveau de popularité du Président. Le grand Paris d’abord. Souvenez vous, c’était fin avril, les journaux étaient remplis de ces photos qui simulaient, grâce au numérique, les éco-quartiers du futurs, les grands projets d’habitations et de pôles économiques. Dix grands cabinets d’architectes avaient planché sur ce projet ambitieux, ils avaient exposé des maquettes futuristes. Devant les élus (en majorité de gauche) de l’Île-de-France et des régions avoisinantes, Nicolas Sarkozy évoquait un projet de civilisation, le troisième millénaire…Paris devait être le centre, je cite « d’un modèle de métropole durable » on allait inventer une autre ville, plus humaine, où régnerait la mixité sociale et qui serait le berceau de toutes les industries innovantes. Le projet prévoyait d’inclure le Havre dans un schéma qui courait le long de la Seine. Faudrait-il, changer la dimension de la Région? On promettait d’y réfléchir. Les architectes, les représentants de tout un tas d’associations, les élus PS de la région et de la capitale avaient été épatés par ce discours volontaire et enthousiasmant qu’ils n’avaient pas manqué de saluer. Quelques semaines après certains ont commencé à avoir des doutes parce que Christian Blanc, le ministre en charge du grand Paris était toujours silencieux. Et puis tous les architectes prestigieux a qui on avait demandé de travailler sur un projet gigantesque n’étaient plus du tout sollicités. Le résultat est là, Le grand Paris se résume, pour l’instant à un projet de ligne de Métro rapide autour de Paris reliant le cœur de la capitale et les pôles économiques entre eux. Pôles économiques spécialisés dont on ne sait pas encore comment l’Etat entend les dynamiser ou les aménager. Lire le discours de Nicolas Sarkozy du 29 avril et lire le projet de loi de Christian Blanc, c’est un peu (en moins long) comme lire le Rouge et le Noir de Stendal, puis le Noir et le Rouge de Catherine Nay…Malgré le titre ça n’a rigoureusement aucun rapport! Et pour le discours sur la sécurité ?Alors là ,inutile de citer de dates, c’est permanant et ça revient surtout pendant les campagnes électorales. Le propos est toujours volontariste, l’autorité de l’Etat est affirmée crânement. Il n’y a pas que des promesses de rigueur de la loi, on jure aussi que la banlieue, siège de la violence va changer de visage et l’on évoque un plan Marshall pour la Banlieue. Le résultat, c’est 400 policiers en moins en seine saint Denis, le département le plus en difficulté, pas de plan Marshall du tout et toujours les mêmes chiffres de la violence. Tout se passe comme si le discours, en lui-même était un acte politique suffisant. Patrick Buisson, le conseiller officieux chargé des sondages et autres stratégies politiques à l’Elysée définissait d’ailleurs le sarkozysme ainsi, je cite : « Le sarkozysme est un empirisme sans tabou (…) il finit toujours par retrouver le chemin du réel »fin de citation… en attendant de retrouver le réel, c'est-à-dire sans doute pendant les interminables campagnes électorales, on est donc dans l’empirisme sans tabou. Finalement il suffisait de le savoir…**

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