Ce matin, encore un sondage ! Celui-ci scrute le positionnement des Français sur un certain nombre de sujets parmi lesquels, le droit de vote des étrangers aux élections locales.

Oui, à cinq mois du scrutin présidentiel, les études d’opinion sur les éventuels thèmes de campagne fleurissent. On ne les commentera pas abusivement mais celui de la Sofres, réalisé pour des universitaires en sciences politiques est significatif parce qu’il fait tomber bien des idées ancrées. Il en ressort que notre société est de moins en moins conservatrice, de plus en plus ouverte. Ainsi, quelques chiffres et quelques thèmes en vrac : 83% des sondés pensent que l’homosexualité est une manière acceptable de vivre sa vie, 66% sont opposés au retour de la peine de mort, 65% estiment que la présence d’immigrés constitue un enrichissement culturel pour la France…33% pensent le contraire, et… nous y voilà, 66% sont favorables au droit de vote des étrangers, extra européens pour les élections municipales. Ce dernier chiffre, en fait, n’est pas étonnant, ça fait plusieurs années qu’une majorité de Français est en faveur du vote des étrangers. Voilà un tableau qui décrit une société plutôt progressiste et qui contredit l’idée dominante selon laquelle la France, majoritairement, se renfermerait, se recroquevillerait dans une nostalgie identitaire et conservatrice d’un passé vécu comme un âge d’or.

Mais pourquoi Nicolas Sarkozy, qui s’était prononcé en faveur du droit de vote pour les étrangers, a-t-il changé d’avis ?

Au fond, il n’a sans doute pas changé d’avis mais lui aussi consomme des sondages à foison. Et celui qui les commande et les analyse pour lui, c’est Patrick Buisson, ancien journaliste à Minute, théoricien efficace du pompage de voix du FN, partisan de l’affirmation du président par le « clivage » ; en 2007 Patrick Buisson conseillait à Nicolas Sarkozy de s’intéresser plus particulièrement au vote populaire et surtout à celui des personnes âgées. Alors il a ses sondages, ses enquêtes qualitatives mais ce ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux que nous lisons quotidiennement. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils sont si confidentiels. Nicolas Sarkozy scrute particulièrement l’opinion des catégories de Français susceptibles de le faire arriver en tête au premier tour, histoire d’enclencher une dynamique pour le second. Il cherche des leviers à actionner dans certaines catégories de la population. Les chiffres que j’ai cité, tirés de la SOFRES reflètent ce que pense l’ensemble de la population. Or, la partie de la population qui participe le plus le jour du vote, celle qui peut assurer au candidat de la droite d’arriver en tête le premier dimanche, ne pense pas forcément comme l’ensemble de la population. Dans le cas de Nicolas Sarkozy la masse la plus importante, et de loin, de son électorat est représentée par les séniors. Et c’est la population la plus conservatrice. En 2007, les 60/69 ans ont voté à 61% pour Nicolas Sarkozy et ça monte à 68% au dessus de 70 ans. C’est cet électorat troublé par le Sarkozy agité et bling-bling des trois premières années que le Président est entrain de retrouver en ce moment en clivant sur les sujets de société. Cet électorat, il faut lui réciter de la princesse de « clive » sur la sécurité et l’immigration. En ce début de campagne, au moins, Il faut sonner pour elle les trompettes sécuritaires et adopter des postures d’autorité aux côtés des grands de ce monde. Et ça marche ! La cote de popularité de Nicolas Sarkozy remonte !

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