Les primaires à gauche pour 2017… Selon un sondage réalisé par Odoxa pour France Inter… Les 3/4 des Français sont pour !

Y compris les ¾ des sympathisants de gauche. Ce sondage est intéressant pour ce qu’il ne dit pas. Pas directement du moins. Quand des responsables socialistes, ceux qui sont réputés plutôt proches du président, évoquent des primaires dans leur camp, ils ne pensent pas à une compétition interne au PS, comme en 2011, mais à un vote pour entériner la candidature du président sortant, comme candidat unique de la majorité. Donc pour éliminer les hypothèses de candidatures écologistes, radicales de gauche ou frondeuses socialistes. Mais cette idée est très minoritaire (en tout cas ce n’est pas celle de l’Elysée). Elle exprime, en creux, l’angoisse des socialistes devant une évidence : si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, avec François Hollande comme candidat, ce dernier n’aurait aucun espoir de passer la barre du premier tour. La seule possibilité pour que ce pronostic soit contredit passe par une amélioration sensible de sa popularité, bien sûr… Et surtout par le fait qu’il n’y ait aucun concurrent à gauche en dehors du Front de Gauche. Il n’y avait évidemment pas toutes ces considérations dans la tête des Français qui ont été sondés. Quand ils répondent aux ¾ qu’il faut des primaires, ils disent tout simplement qu’ils ne veulent plus de François Hollande. Si je demande à mon fils si pour Noël il préfère une anthologie de la poésie du XVIIIème ou bien le choix (donc des primaires) entre une anthologie de la poésie du XVIIIème siècle et une PS4… malheureusement je pense qu’il choisira la primaire, c’est à dire qu’il ne veut pas de l’anthologie.

Surtout, on n’imagine pas un président en exercice se livrer à un vote interne .

Ce serait tout à fait incompatible avec ce qui reste de l’esprit de la Vème République. Un président élu par plus de 50% des français, et qui représente finalement l’ensemble du pays sans distinctions partisanes, ne peut pas proposer à une partie d’entre eux (déterminée selon des critères partisans) de se prononcer sur sa légitimité à concourir pour un second mandat. C’est absurde. On voit déjà les dégâts d’image qu’une compétition interne peut engendrer sur un ex-président, avec la campagne pour la tête de l’UMP ! Il n’y aura donc de primaires à gauche que si François Hollande ne se représente pas. Et pour cela il faudrait qu’il le dise au moins six mois avant l’élection présidentielle, ce qui n’est jamais dans les habitudes des présidents sortants. Mais ces sondages sur la popularité des personnes ne disent rien des raisons politiques du désamour des dirigeants et des solutions alternatives souhaitées par les Français. Aucune autre politique proposée par ailleurs ne semble faire l’objet d’une attente ou d’un espoir majoritaire chez nos concitoyens. Finalement, ces sondages de popularité des personnes sont simplement le reflet de l’absurdité de ce que sont devenues nos institutions qui entretiennent encore le mythe puéril de l’homme providentiel.

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