Un sondage BVA qui parait ce matin dans « l'Express », fait ressortir homme : Olivier Besancenot, le numéro 1 de la LCR. 62% des sympathisants de gauche interrogés par BVA, souhaitent qu'Olivier Besancenot "ait davantage d'influence dans la vie politique française", 7 points de plus par rapport au dernier baromètre. Il arrive en troisième position derrière Ségolène Royal, toujours en tête, talonnée par Bertrand Delanoë. Alors en surgisssant ainsi dans le jeu, le petit poucet de la LCR contre l'ogre socialiste, Olivier Besancenot, incarnerait-il l'avenir de la gauche ? On n'en est pas là, mais pourquoi pas ! La sympathie et l'intérêt qu'il suscite s'expliquent en tout cas aisément. Par l'histoire et par le présent. L'histoire, c'est celle de la dé-si-déo-lo-gi-sation de la gauche de gouvernement, le parti socialiste pour faire court. Gauche gestionnaire, en charge du réel, en butte avec lui, qui a abandonné à chaque nouvelle législature un peu plus de son utopie réformatrice, cette gauche de gouvernement se contente largement depuis deux décennies de rester sur le terrain des valeurs et de la morale. Elle est évidemment Solidaire, antiraciste, internationaliste, mais quoi d'autre de vraiment clair ? Quand le jeu politique comptait comme partenaire une droite tétanisée par le Front National, tout allait bien si je puis dire. Cette gauche morale occupait presque tout l'espace de son camp, avec à la marge, une gauche contestatrice et encore révolutionnaire. Le problème, c'est... le présent. Et ce qu'il y a de nouveau dans le présent, c'est l'irruption d'un Nicolas Sarkozy qui a re-i-déo-lo-gi-sé la droite, qui l'a foncièrement décomplexée et qui lui a redonné une nouvelle identité. Et le problème, et bien c'est que le PS, jusqu'à présent, reste incapable de réagir à cette nouvelle donne. Il n'offre toujours pas de discours alternatif. Résultat, Olivier Besancenot fait rêver ! Non d'ailleurs justement, il ne fait plus rêver, il apparait aujourd'hui comme le seul à incarner l'autre discours, sinon l'autre voie. Le jeune patron de la LCR ne se trompe pas de combats. Non qu'il y en ait de bons ni de mauvais pour la gauche mais il en est des plus efficaces que d'autres. Quand le PS monte à la tribune du Zénith pour dénoncer aux côtés d'Adjani, de BHL et de quelques personnalités de droite les tests ADN, quand le PS s'interroge pour savoir s'il faut ou non convoquer Cécilia ex Sarkozy, quand il tergiverse sur le bien fondé de la remise en cause des régimes spéciaux, ou qu'il se re-divise sur le traité européen modifié, Olivier Besancenot choisit l'efficacité. Il dénonce aussi, bien sûr l'ignominie de la loi Hortefeux, mais dit se "taper" comme de l'an 40 des affaires du couple présidentiel et puis surtout, il se consacre sans état d'âme aux luttes sociales. Régimes spéciaux, "il craint que le gouvernement n'aille au carton sur cette histoire comme il dit". Mal-logés, il interpelle Fadela Amara lors d'une évacuation musclée, "vous trouvez pas que leur sort est dégueulasse"?. Pouvoir d'achat, ce sont ces terrains là qui l'intéressent, eux seuls. Il n'est d'ailleurs pas anodin que sa côte de popularité explose en plein mouvement social, mais ce sont de fait ces terrains là qui font la vie quotidienne des gens. Alors Olivier Besancenot n'est pas encore l'avenir à lui tout seul de la gauche toute entière et son futur parti anti capitaliste en gestation ne remplacera pas immédiatement le parti socialiste, mais enfin sa radicalité a au moins le mérite de la clarté. Les Français ne s'y trompent pas. Le PS devrait finir par s'en inquiéter.

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