700 journalistes du monde entier couvrent l’événement comme s’il s’agissait de la chute du mur de Berlin !

Alors qu’à bien y réfléchir, il s’agit de répartir (en bus) dans un pays de 64 millions d’habitants, d’une superficie de 550.000Km², 5ème puissance du monde, dans quelques-unes des 36.000 communes, d’y répartir, donc 7000 migrants, dont une grande partie de femmes et d’enfants. Il s’agit, en réalité, de verser une goutte d’eau dans une baignoire. La plupart des migrants ainsi répartis comptent surtout ne pas faire de vagues, se poser un peu. Nous filmons, bien sûr, les manifestations d’hostilités, les démonstrations du FN, nous donnons beaucoup moins d’importance à l’accueil généralement indiffèrent mais aussi bienveillant, quand ce n’est pas sympathique ou aidant, des habitants des villes concernées. Avant les 2300 d’hier, déjà 3000 migrants avaient été répartis à travers la France depuis novembre. Toujours aucun incident notable n’est à déplorer. Voici ce que déclarait, dans Le Parisien, il y a quelques jours Christian Dupuy, le Maire LR de Suresnes, une commune cossue des Hauts de Seine, (Suresnes accueille depuis mai dernier 166 migrants) : « Tout se passe très bien à Suresnes. Quelques habitants avaient émis des craintes au départ. Mais nous avons reçu beaucoup plus de propositions d’accompagnement et d’aide que de plaintes ». Et c’est en réalité partout comme ça. Les protestations orchestrées par le FN, où les craintes légitimes exprimées par des habitants de communes déjà en difficultés, sont réelles mais elles ne durent pas quand les migrants sont là… Jusqu'à maintenant du moins depuis un an ! Et c’est ça qui est impressionnant !

Même les candidats à la primaire de la droite ont atténués leurs critiques...

Oui, ils ont mis, ces derniers jours, beaucoup d’eau dans leur vin, eux qui réclamaient depuis si longtemps le démantèlement de la jungle. Ils en rabattent, d’autant que l’opération se déroule plutôt bien, que Bernard Cazeneuve fait preuve d’un professionnalisme reconnu et que les manifestations d’hostilités sont largement compensées par de plus massives manifestations de solidarité. Les candidats à la primaire se contentent de réclamer plus de reconduites à la frontière pour les demandeurs d’asiles déboutés ou non éligibles. Ils ne disent plus de cette répartition de migrants que c’est « une folie » (le mot était de Laurent Wauquiez), ils ne prononcent même plus cette ineptie incendiaire selon laquelle l’opération allait créer des centaines de "petits Calais". La disproportion, le catastrophisme des prophètes tacticiens de l’invasion est tout simplement, jour après jour, démentie par les faits. La question migratoire est déjà et sera, pendant encore de longues années, un drame humanitaire pour les migrants, une source d’angoisse identitaire, parfois un gène matériel, pour les français. En exagérer les effets, pour les migrants ou pour les français est une tentation politique, parfois journalistique des plus nocives et bien difficile à combattre.

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