A 6 jours du début du dépôt des candidatures socialistes, tous les regards se sont braqués ce week-end sur le premier secrétaire du PS, Francois Hollande. François Hollande plus que jamais au centre du jeu des éléphants. Vous vous souvenez peut-être de l’interpellation d’un auditeur de France inter à l’attention de Lionel Jospin ; « alors Lionel, t’es candidat ou pas ? » C’était le 4 septembre ici même, et il n’avait pas reçu de réponse très claire de la part de l’ancien premier ministre. Et bien, peut être aurons-nous demain, puisque François Hollande sera l'invité à 8H20, la même question: « alors, François, t’es candidat ou pas ? » Car désormais, la question se pose ! Pour la première fois en effet, un hiérarque socialiste, Henri Emmanuelli, lui a publiquement demandé hier de se lancer dans la course. "Au nom de la légitimité tirée de sa fonction de premier secrétaire, fonction qu’il occupe depuis 9 ans, il est celui pour qui tout le monde un jour a voté", a expliqué le député des Landes. La candidature de François Hollande ne serait donc pas une candidature de plus, mais des candidatures en moins a-t-il plaidé. François Hollande paraîtrait donc et les concurrents actuels se retireraient aussitôt ? ça semble trop beau pour être vrai. Henri Emmanuelli d’ailleurs n'y croit pas lui même, non que la séquence fût impossible, mais c’est le timing qui est mauvais. François Hollande a trop tardé pour pouvoir aujourd'hui se présenter en homme providentiel, sauveur de la gauche. Certains de ses amis y ont beaucoup cru, l’y ont beaucoup poussé ; mais devant les réticences, les calculs et les atermoiements du premier secrétaire, ils y ont pour la plupart renoncé et sont partis vers d’autres écuries. A La Rochelle, aux universités d'été du PS; François Hollande lui hésitait encore; il se plaisait à souligner que dans toutes les autres démocraties occidentales, c'était le chef de parti qui se présentait, regardez ce qui se passe en Grande-Bretagne. Mais depuis, Ségolène Royal a continué de grimper dans les sondages, Lionel Jospin est devenu de plus en plus candidat ; Dominique Strauss Kahn et Jack Lang n’ont rien lâché et même Laurent Fabius s’est refait une santé. Quand sa propre côte de popularité elle ne frémissait pas d'un iota. Alors reste-t-il un seul atome d’oxygène à François Hollande ? La pression sur lui en tout cas s'alourdit. Laurent Fabius hier a remis en cause son impartialité « le premier secrétaire est à fond pour une candidature » a-t-il accusé. Et Nenri Emmanuelli lui demande rien de moins que de sauver l’unité du parti. Désormais François Hollande semble pied du mur. Il ne peut éternellement jouer tout à la fois au monsieur loyal, le meilleur organisateur de la campagne interne, et au monsieur Royal, le meilleur supporter de sa compagne. La vraie question donc, c'est moins : "Alors François, t’es candidat ou pas ? " que "allez François, c'est qui ta candidate?"

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