Municipales 2008. Elles se préparent dans les états-majors. A Toulouse, les candidats socialistes au Capitole ont jusqu'à la mi journée pour déposer leur candidature. Avec au bout peut-être une sacrée distinction : être consacré Seigneur de Toulouse, Seigneur de Toulouse ou roi du monde pour un socialiste en mars prochain, ce sera du pareil au même. Car Toulouse, quatrième ville de France est l'une de celles qui pourrait basculer à gauche, l'une de celles que Nicolas Sarkozy ne quitte pas des yeux, tant il sait qu'une défaite y serait forcément analysée comme un échec politique pour lui et sa majorité. Car pour la première fois sans doute, le Capitole est en effet à portée d'urne de la gauche. 57,7 % des voix le 6 mai dernier pour Ségolène Royal, 8 députés socialistes sur 8, 4 sénateurs sur 4. La seule anomalie dans ce rose midi-pyrénéen, et bien c'est la ville rose justement, aux mains du centre droit, depuis les années 70. Un électorat, jusqu'en centre ville, qui se bo-boise et se gauchit. Une majorité municipale mal en point et qui se divise comme jamais. La guerre entre les 2 ex maires, Dominique Baudis et Philippe Douste-Blazy fait des ravages. Le premier se demandant s'il ne va pas apposer son nom sur une liste par seul souci de nuire au second ; le second ne renonçant pas à se lancer malgré le veto de l'Elysée ; enfin le troisième, le maire sortant Jean-Luc Moudenc, fragilisé par sa débâcle aux législatives et par les attaques récurrentes du second. Vous suivez ? Bref, une configuration idéale pour gagner. Le gauche se prend à rêver, mais QUI pour être Seigneur ? Les choses se sont singulièrement compliquées ces derniers jours. Martin Malvy, ex ministre de François Mitterrand, fabiusien, président de région, était jusque là donné favori. Raté, vendredi, dans une interview à "La dépêche du midi", Martin Malvy renonce à briguer la mairie. Raison officielle, sa passion pour Midi-Pyrénées. Raison officieuse, son âge, 71 ans, un handicap à l'heure du renouvellement prôné par le PS. Résultat : petite dépression après défection chez les socialistes toulousains et parisiens, et les rumeurs qui reprennent. On reparle comme il y a 6 ans, d'Anne Hidalgo, adjointe à la mairie de Paris. On susurre "pourquoi pas Jospin ?" Mais l'actif retraité a immédiatement fermé la porte à une telle éventualité en affirmant ce week-end, qu'il était désormais "parisien". Enfin, un autre nom surgit, celui de (...) François Hollande ! Et oui, le premier secrétaire du parti socialiste. Celui qui doit passer la main au prochain congrès, celui qui affirme vouloir une autre vie avant éventuellement d'être prêt pour 2012. Et là on se dit, pourquoi pas ? Car gagner Toulouse, c'est être indéniablement le héros des prochaines élections, comme Delanoë en 2001 ou Ségolène Royal en 2004 ; c'est être le résistant au pouvoir central de Paris au coeur d'une région toute rose. Bref, c'est détenir un vrai levier politique. On se dit pourquoi pas sauf que... et bien c'est faux ! L'intéressé nous a confirmé hier qu'il était parfaitement bien à Tulle, qu'il était contre les parachutages, y compris le sien. Et que localement, il y avait de très bons candidats. 4 candidats qui seront départagés par les militants le 10 octobre prochain. Pas de parachutage donc, pas de destin national qui s'écrirait à l'ombre des briques rouges de Toulouse, mais pas non plus de nom qui s'impose localement comme étant incontestable et surtout porteur d'une victoire assurée. Ce qui laisse flotter dans l'air un petit sentiment d'impréparation, de "et si on laissait passer l'occasion" de la part du PS dans une ville-clef pourtant pour sa reconquête. Allez tout n'est pas joué. Les candidats socialistes au Capitole ont jusqu'à ce midi pour s'inscrire. Peut-être que François Hollande peut encore réfléchir...

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