Ce matin la controverse écologie concrète versus écologie politique…

‘Ecologie concrète’ terme revendiqué par Jean Castex qui dit refuser l’écologie punitive, tueuse de croissance vs l’écologie politique, revendiquée par EELV qui dénonce le capitaliste fou qui fait faire le tour de la planète à un quartier de viande. Le débat autour de ces deux écologies est plus intéressant que ces simplifications. L’écologie concrète de Jean Castex devrait avoir le mérite, si elle est mise en place, de faire avancer bien des dossiers pour lesquels, localement, les des militants écolos se battent depuis des années. Il s’agit de d’augmenter considérablement le nombre de pistes cyclables, d’équiper les toits des grandes surfaces ou des hangars de panneaux photovoltaïques, de financer le plus possible la rénovation thermique les bâtiments, de favoriser le produire local. L’écologie politique c’est d’abord révolutionner notre façon de produire et de consommer. Il s’agit de réorienter des pans entiers de l’industrie, de réduire le temps de travail tout en réduisant, globalement, la consommation. C’est à une révolution culturelle que nous appellent les écologistes qui considèrent que le simple verdissement de notre modèle n’est pas à la hauteur de l’urgence imposée par les effets du réchauffement de la planète et de la destruction de la biodiversité.  La question des pesticides résume la controverse: l’écologie concrète attend qu’il y’a une solution alternative pour les interdire quand l’écologie politique veut les interdire pour hâter la solution alternative...

C’est aussi un débat autour de la nature de la croissance… 

Oui… Depuis qu’Emmanuel Macron a parlé de changer les paradigmes, que sa majorité a milité à Bruxelles pour le Green-New-deal, de l’argent est mis sur l’écologie… c’est vrai... mais on est loin de la révolution évoquée. La conception de la croissance de la majorité reste la même. Produire et travailler plus! Notre ami Bernard Maris avait une belle image pour évoquer l’absurdité de cette croissance : il disait ‘si je viens à la radio à vélo je ne crée pas de croissance. Si je viens en voiture j’en crée : je consomme de l’essence, j’use mon moteur, mes pneus… et si j’ai accident en venant, là je crée encore plus de croissance parce que je fais travailler du monde’ ! Mais sans croissance, on ne finance pas le modèle social qu’en homme de gauche Bernard voulait par ailleurs développer… Bernard avait des réponses… Mais le débat d’aujourd’hui entre écologistes politiques et écologistes gouvernementaux est moins subtil. C’est l’écologie dite punitive et décroissante versus l’ultralibéralisme : or, EEVL ne propose pas une punition, les écologistes sont même ceux qui, les premiers, ont alerté sur la punition que pourrait nous infliger la nature si nous ne changeons pas nos comportements. De l’autre côté, le gouvernement est loin d’être ultralibéral… le niveau du soutien public à l’économie en atteste. Ce débat devrait être beaucoup plus nuancé et complexe que la caricature qu’en font les deux camps… 

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