Après TOUT sur Nicolas Sarkozy, TOUT sur Ségolène Royal ce matin ! France Inter s'intéresse de près aux deux finalistes du 6 mai prochain. La candidate socialiste, arrivée en deuxième position au soir du premier tour, doit faire mentir l'arithmétique électorale si elle veut l'emporter. "Elle a du cran" reconnaissait hier un conseiller de Nicolas Sarkozy. "De la pugnacité" a concédé le candidat UMP lui même. "Elle nous bluffe" s'enthousiasme un élu socialiste. On ne peut pas dire que Ségolène Royal ait croulé sous les compliments depuis son entrée en campagne. Mais depuis dimanche, on sent comme une pointe d'admiration, chez ses adversaires Et chez ses amis, ce qui est encore plus rare ! Pourtant, le 22, coup de bambou sur la tête : les résultats du premier tour ne sont pas à la hauteur des espérances du camp Royal. Bien sûr, il y a le soulagement d'être présente au second tour, de faire près de 10 points de mieux que Lionel Jospin en 2002, mais en réalité la candidate et ses proches s'étaient convaincus depuis quelques jours, qu'elle serait en tête, et alors là, quelle dynamique ! Sauf que la dynamique, et l'arithmétique sont clairement du côté de Nicolas Sarkozy. Ségolène Royal en a tiré une conclusion simplissime, mais peu contestable, si elle ne fait rien, elle est battue. Si elle bouge, elle peut renverser les mathématiques électorales implacables. Résultat, elle tente de faire bouger les lignes. Première prestation ratée dimanche soir, mais dès lundi, elle tend la main à François Bayrou, le lendemain, un pas de plus, pourquoi pas des ministres centristes au gouvernement. Hier, elle prend acte de la non consigne de vote du candidat UDF, mais savoure ses propos très durs à l'égard de Nicolas Sarkozy. Entre temps, elle se paie le luxe d'inviter à déjeuner sous l'oeil des caméras, Dominique Strauss Kahn, ignoré depuis des mois, dont elle découvre tout à coup les vertus "attrappe centriste" ! La gauche de la gauche, et celle du PS peuvent bien toussoter, on ne les entend guère, pas le moment d'être soupçonné de vouloir faire perdre la candidate. Alors comme à son habitude, Ségolène Royal a décidé seule, ou presque cette stratégie ; il fallait voir lundi à Valence, François Rebsamen, son co directeur de campagne s'emparer du casque d'un technicien télé pour découvrir en même temps que les journalistes son ouverture à Bayrou ! Mais il n'est plus temps de revenir sur le côté "baroque" de la dame, sur sa campagne jugée erratique, plus temps d'essayer de comprendre cette "femme oxymore" qui manie les paradoxes en étant convaincue qu'elle est à elle seule la synthèse de toute chose, il est juste temps de bouger pour tenter de gagner, même s'il faudrait franchement un miracle républicain et laic pour déjouer ce que les chiffres promettent. En attendant, le regard des siens sur Ségolène Royal a changé. Promise jusque là au plus obscur des destins en cas de défaite, ses amis se demandent aujourd'hui, si elle n'est pas porteuse d'espoir et si c'était elle l'avenir d'un PS réformé, elle qui assurerait le Bad Godesberg à la française ? Même battue le 6 mai, Ségolène Royal a peut être gagné ces denriers jours, le droit de continuer à avoir une destinée politique.

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