Vous y croyez encore vous au père Noel ? Dommage ! (c'est heureux!) Car franchement, c’est l’année ou jamais pour y croire. Tous les candidats nous assurent qu'avec eux, ce sera Noël tous les jours ! Par exemple, une année 2008 sans impôt, 2009 sans SDF, un quinquennat pour panser les plaies de la France qui souffre, et pour rendre aux riches, ce que, paraît il, on leur a volé, à savoir l’argent de leurs impôts, ce qui permettrait à Johnny Halliday de revenir chez lui, voilà quelques unes des promesses du père Noël Sarkozy. En version, mère Noël cette fois, vous rêvez d’un pays où les citoyens réunis dans une agora virtuelle débattraient et décideraient en permanence des choix à faire, où la "puissance publique", l’Etat, redeviendrait par la simple magie du verbe Puissance et empêcherait les entreprises de délocaliser leur production, et bien votez Royal. Un père Noël béarnais et centriste, François Bayrou, qui promet d’abolir un clivage droite/gauche vieux de la révolution française, un autre bonhomme qui lui vire un peu au brun, malgré son âge respectable et un langage plus policé, mais qui a toujours dans sa hotte les mêmes solutions : la France aux Français et l’immigration 0, Jean-Marie Le Pen. Une mère Noël rouge, Marie-Georges Buffet qui a échoué à se faire désigner comme représentante de la coopérative de tous les bonshommes de Noël mais qui n’en continue pas moins de promettre une sixième République fissa et le droit des vote des étrangers. Et des pères Noël verts en pagaille avec ou sans étiquette, de Dominique Voynet à Corinne Lepage en passant évidemment par Nicolas Hulot. Il n’y en n’a jamais eu autant, ils sont partout, vous promettent tout. Et sincèrement, c’est comme quand on est enfant, on a très envie d’y croire! Mais on se dit aussi, comme quand on est enfant, qu’il y a peut-être entourloupe quelque part. Car si l’on s’attarde sur la somme des promesses faites d’élection en élection, il y a de quoi s’interroger. Bien sûr certaines ont été réalisées, mais combien d’autres sont reprises telles quelles d’une présidentielle à l’autre, avec un simple ajustement de slogan : "changer la vie", "lutter contre la fracture sociale", "une france plus juste", mais une fois l’élection passée, les candidats devenus président se rendent compte qu’ils ne sont pas des pères Noël, mais justement, des présidents. Alors plus tard, sonne l’heure du bilan, et là, on a très envie à nouveau de croire au père Noël ! C'est le cycle normal d'une démocratie, mais c'est néanmoins toute la difficulté d’une campagne électorale présidentielle. Les candidats ont quatre mois pour nous faire rêver. Nous faire rêver mais pas nous entourlouper, sauf à prendre le risque de dévaluer un peu plus encore la valeur de la parole publique. Finalement, vous avez peut être raison de ne plus croire au père Noël, car un peu comme les enfants qui, passé un certain âge disent à leurs parents, ok, j’ai compris que cette histoire de père Noël, c’est pas ça. C’est peut être au citoyen averti et exigeant de rappeler aux candidats qu’ils n’ont pas à jouer au père Noël pour se faire élire, juste à expliquer ce qu’ils veulent et ce qu’ils sont en capacité de faire. Ca suffira.

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