L'activisme forcené de Nicolas Sarkozy accapare les commentateurs de la chose publique que nous sommes. Seul le PS a pu occuper l'actualité politique du mois de novembre... Mais en décembre, il y a eu 3 événements pour lesquels, effectivement, nous sommes passés un peu vite: le 109eme congrès du Parti Radical, le 34 eme congrès du PCF et l'inauguration du nouveau siège du Front National. Trois événements concernant trois monuments de la politique du vingtième siècle, fantôme de leur gloires passées... un peu comme ces derniers cercles bonapartistes d'avant guerre ! Prenez le Parti Radical. Il tenait congrès à Massy il y a 15 jours, d'ou Jean-Louis Borloo (il est membre du parti radical), à lancé un appel (qui ne restera pas dans l'histoire) l'appel de Massy à, je site « bâtir un nouveau siècle »... Rien que ça ! Il tente sans doute de rééditer l'appel à un « nouvel âge d'or » de ses ainés radicaux des années 20. Il faut dire que le parti radical d'aujourd'hui est une survivance, un vieux portrait de famille qui prend la poussière dans un couloir de l'UMP, un réseau d'élu, quelques francs-maçons et leurs bonnes adresses de restos ou de cardiologues. Pourtant, le Parti Radical c'est l'enracinement de la République, la séparation de l'église et de l'Etat avec le petit père Combe, Clemenceau bien sur, 31 chefs de gouvernements de la troisième et de la quatrième République: pas tous mémorables mais quelques consciences comme Mendes-France, le philosophe Alain, des grandes gueules comme Edgar Faure... Aujourd'hui c'est donc Jean-Louis Borloo, il aurait pu être ailleurs, il lui fallait une organisation modérée dont il serait facilement le chef, et André Rossinot comme gardien du temple. Dans le silence qui entoure le congrès du Parti Radical il y a pour ses derniers une bonne et une mauvaise nouvelle : la bonne c'est que la République est bien installée en France parce que les radicaux ont réussi. La mauvaise en découle : les partis radicaux (en plus il y en à deux un à droite l'autre à gauche), hé bien ils ne servent plus à grand-chose... Ce mois ci, il y a aussi eu le congrès du Parti communiste français...Là encore c'est trés vingtième siècle: Thorez, Duclos, la résistance, les luttes sociales, la CGT, la fête de l'huma, Aragon, le communisme municipal. Mais c'est aussi le centralisme démocratique, l'arrimage à l'URSS et le déclin dû, pas simplement à l'histoire mais également au fossoyeur du parti : George Marchais. Un tribun dont le culot le disputait à l'inculture et au dogmatisme borné. Les communistes ont participé à des gouvernements de gauche sans que l'on puisse dire ce qu'ils y ont apporté. Aujourd'hui, ce glorieux parti ne vit que par une poignée de députés, Maxime Gremetz pour égailler les questions à l'assemblée, quelques mairies gardées par la bonne grâce du PS, 140.000 militants bien méritants. Mais son congrès 2008 n'était que la réunion d'un syndicat de permanents d'un appareil trop grand pour sa réelle influence, à l'image de l'immeuble de la place du colonel Fabien qui pourrait abriter 10 PCF, sans encombrer les bureaux... Enfin, le déménagement du siège du FN et encore des histoires de locaux. Jean-Marie le Pen inaugurait donc les nouveaux locaux de son parti, un peu comme un vieil oncle vous fait visiter sa chambre aux Hespérides en essayant de vous convaincre que c'est très confortable! Mais la réalité est là. C'est fini ! Le FN n'a pas d'histoire glorieuses et depuis 1972, ses succès tiennent surtout aux talents d'acteurs de son chef qui a su profiter des grandes peurs de la fin du vingtième, peur du chômage et de l'étranger réunis dans une même phrase. Mais au delà de la petite vie du FN, ce parti était l'héritier des derniers antirépublicains, des derniers antidreyfusards, des derniers collaborateurs, l'héritier de ceux que la République a fini par tuer lors des manifestations de l'entre deux tours de l'élection présidentielle de 2002. Le Front National, le parti communiste, le Parti Radical, leurs cadavres bougent encore un tout petit peu en ce début de 21eme siècle.

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