Ce matin vous ne nous parlez pas de responsables politiques, ni même des partis…

Non, c’est un édito sur les citoyens…parce qu’en France, nous avons cette habitude de critiquer les politiques, de les rendre responsables de tout ce qui nous arrive. Mais on a les politiques que l’on mérite. Alors c’est vrai qu’avec la sophistication et les moyens de l’industrie de la communication, les citoyens se sentent parfois pris au piège de discours qui paraissent de plus en plus formatés et insincères. En outre, la complexité du monde ouvert, la multiplication des facteurs qui entrent en jeu pour l’organisation de la vie collective, du fait de la globalisation, nous font douter de la réalité du pouvoir de nos gouvernants. D’ailleurs ces derniers se font valoir non plus tant sur la nature des solutions qu’ils ont à apporter mais plutôt sur leur capacité à retrouver les manettes du pouvoir… Les slogans, maintenant, c’est « yes we can », « ensemble tout est possible », « moi, président »… ce sont, avant tout, des affirmations de capacités retrouvées. Les Français ont toujours le goût de la politique, mais la politique est devenue une matière sale dans l’esprit de beaucoup. Les citoyens, qui ont, plus que jamais, les moyens de savoir, d’être informés et de peser sur les choix du pays, se sentent pourtant dépossédés ou manipulés. Du coup, un grand doute s’installe.

Et comment combattre ce doute ?

Alors il y a deux façons… La première, c’est la plus facile: s’en remettre à une personnalité hors norme, un homme ou une femme providentiel(le). C’est une méthode dépassée et appauvrissante. Il n’y a plus de sauveur : l’époque ne permet plus de faire le tri. Quand Nicolas Sarkozy fait son retour en disant « je n’avais pas le choix », il commet cet acte de prétention anachronique : se prendre pour un homme providentiel. Quand la com’ de François Hollande nous inonde, en ce moment, de « il revient, il y croit, il pète le feu », c’est une façon désespérée de vouloir combattre la morosité ambiante, qui n’est pas due à l’humeur du président mais à l’absence de résultat de sa politique. Mendes-France disait : « Choisir un homme, fut-il le meilleur, au lieu de choisir une politique, c’est abdiquer.» Cette maxime est plus vraie que jamais. La deuxième solution pour combattre ce grand doute qui mine la politique française, c’est, tout simplement, de faire de la politique, de militer. Et si l’on ne veut pas s’engager, on peut toujours peser pour lutter contre la surpuissance de la com’ en œuvrant pour plus de sincérité en politique, lutter, par exemple contre le lobbyisme occulte. Allez voir et soutenir les activistes du site Regards Citoyens, qui permet à chacun de tout savoir sur l’activité des élus. Ou alors répondre à la collecte de fonds lancée en cette fin d’année par des organisations comme Transparence Internationale-France. Cette ONG qui œuvre pour plus de transparence, et donc plus de confiance, a besoin de fonds indépendants. Il y a maintes façons de participer à la vie politique. Et quand on y participe, on est plus légitime pour s’adonner à notre sport national préféré : râler et critiquer les politiques!

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