Le texte de Martine Aubry pourrait bien faire les affaires d’Arnaud Montebourg, dite-vous…

Oui, l’écho retentissant du texte de Martine Aubry souligne la demande d’alternative à l’intérieur de la sphère socialiste. Il dévoile, un espace politique qui reste à définir et à incarner. Martine Aubry ne dit pas clairement qu’elle souhaite l’incarner. Et ceux qui la connaissent affirment qu’il faudra attendre longtemps avant qu’elle donne des signes interprétables de ce qu’elle compte faire en 2017. Alors qui pour occuper l’espace béant et orphelin qui va de Jean-Luc Mélenchon à Manuel Valls ou François Hollande ? Arnaud Montebourg y pense ! Avec ses 17% à la primaire de 2011 et son passage au MRP (ministère du redressement productif), il s’est forgé une vraie identité politique. Ce n’est pas celle de Martine Aubry, des frondeurs ni de la masse des parlementaires socialistes qui sont dans l’expectative, mais c’est une identité digne d’examen par la gauche à terre. En réalité, si l’on essaie de se projeter dans ce que devrait être un débat utile à gauche, en vue de 2017, un débat Valls/Montebourg, deux lignes franches et distinctes, pourraient permettre de clarifier et débloquer la machine socialiste.

On voit ce qu’est l’identité politique de Manuel Valls mais quelle serait celle d’Arnaud Montebourg aujourd’hui ?

Il travaille à la reformuler. Officiellement, il n’a pas pris sa décision de revenir mais ses proches croient dur comme fer qu’il ne pourra résister. L’identité politique de Montebourg est faite de bien des spécificités Françaises. Il se dit maintenant gaulliste de gauche, c’est-à-dire volontariste social avec un Etat stratège et fort. Il veut remettre en cause certaines règles européennes pour que la France retrouve un peu plus d’autonomie et d’indépendance économique. Mais il ne s’affirme pas souverainiste. Il veut que la France redevienne un pays de PME industrielle. On s’est pas mal moqué de Monsieur Meuble depuis qu’il travaille pour Habitat mais il a aussi investi ses économies personnelles dans une start-up de fabrication éoliennes individuelles et semble avoir intégré la nécessité de promouvoir une croissance plus compatible avec la menace écologique. Il est à la rechercher d’une nouvelle formule de son concept de ‘démondialisation’. L’ensemble de ces orientations dessine un nouvel interventionnisme d’Etat qui a de quoi se différencier clairement du social-libéralisme Marcono-vallsien. En revanche, sur ce que doit être un président, Manuel Valls et Arnaud Montebourg ont des vues plutôt similaires, avec l’idée d’incarner un retour à l’autorité. Montebourg qui fut le chantre de la VIème République ne veut plus se présenter qu’à une seule élection : la présidentielle. Est-il doté de ce petit grain de folie prétentieuse (dont on parlait il y a trois jours à propos de Bruno Lemaire) nécessaire pour penser, en bon gaullien, que l’histoire et le peuple ont rendez-vous avec lui ? Pour se lancer dans cette bataille à coup presque sûr, perdue d’avance, vu la popularité de la gauche dans le pays, en ce moment, il faudrait à Montebourg bien plus qu’un grain de folie. Un gros caillou… Il n’est pas exclu qu’il en soit pourvu…

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