Le dilemme des écologistes dans la majorité de François Hollande.

L’épisode du débarquement de Nicole Bricq du ministère de l’environnement (dont les vraies raisons restent à écrire) vers celui du commerce extérieur, qualifié de « promotion » par Cécile Duflot (comme si le poste de vrp du gouvernement était plus important que celui de l’écologie) peut laisser penser que les ministres écolos rentrent un peu vite dans le rang ! Au moins ont-ils obtenu l’assurance que l’antique et dramatique code minier soit enfin revu ! Obtenir de vraies avancées quitte à perdre la face politiquement peut être vu comme une forme d’efficacité… Tout ça s’évalue à la fin et l’équilibre est très complexe à trouver. EELV, avec Pascal Durand, le nouveau secrétaire national, pas encore très connu, est une voix forte et très respectée dans la mouvance écologiste, les groupes parlementaires, les ministres… Ils auront chacun leur logique, les solidarités à respecter et en même temps une alternative à faire vivre, des objectifs contradictoires. Le second parti de la majorité, celui qui ne domine pas, doit toujours surmonter ce paradoxe. Il va lui falloir sortir de cette infernale alternative : faire ou durer ! Privilégier la durée passe souvent par des renoncements idéologiques. Ou alors tenter d’animer les débats publics par des prises de positions chocs. Etre toujours à la lisière de la solidarité gouvernementale et parlementaire. C’est risqué mais ça aurait l’avantage de placer les sujets écologistes au devant de la scène alors qu’ils n’y sont plus. Les Ecologistes ont deux ministres et un groupe dans chacune des deux chambres. Ils les doivent au bon vouloir des socialistes. Le PS a besoin des Verts pour ne pas apparaître trop hégémonique… Pour le PS, c’est essentiellement une question de confort politique.

C'est-à-dire que les socialistes ne se soucient pas vraiment du contrat qu’ils ont passés avec les écologistes ?

On ne sent pas, par exemple en matière budgétaire, que s’annonce le grand souffle de la croissance verte et de la transition écologique… Ce sentiment diffus est traduit par le coup de gueule, la semaine dernière de Daniel Cohn-Bendit. Le vieux, pas-sage-du-tout de l’écologie se demandait si EELV n’allait pas se PRG-t-iser, c'est-à-dire devenir (comme le PRG des radicaux de gauche) un astre mort éclairé artificiellement par les socialistes pour mimer la diversité idéologique… Mais on ne peut pas toujours reprocher aux écologistes tout et son contraire. Souvenez vous, il y a quelques mois on décrivait EELV encore comme immature politiquement, adepte doctrinaire du tout ou rien, des doux naïfs… convenons que pour de doux naïfs, finir avec tant de postes après avoir fait 2,3% à la présidentielle c’est une leçon ! Maintenant il va falloir que ce pouvoir serve. Il va falloir que sur le logement, Cécile Duflot obtienne des résultats qu’un socialiste n’aurait pas eus. Que sur la transparence des circuits financiers dans le domaine du développement Pascal Canfin arrive à faire changer les habitudes de la France... Avant d’être le PRG, c'est-à-dire pas grand-chose, les Radicaux ont été, rien de moins que les fondateurs de la République. Avant Jean-Michel Baylet, ce fut Gambetta, Clémenceau. Qu’on les aime ou pas, les écologistes inventent une vision de l’avenir. Comme les radicaux de la IIIème République. Finalement en pointant le risque de PRG-t-isation des écolos, Daniel Cohn-Bendit, sans le vouloir, leur prévoit un grand destin !

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