**Le premier ministre a installé hier le nouveau Conseil National des Villes.Oui ça faisait un an que ça devait être fait et François Fillon a annoncé un projet de loi pour 2011…donc dans un an ! Pourtant la vie de tous les jours dans de nombreuses banlieues, devient infernale et les élus locaux s’alarment. Fadela Amara n’a pas obtenu de Matignon les mesures de répartition des ressources qu’elle juge urgente… Les solutions ? On y revient toujours : tout ceux, de droite, de gauche, de rien, tous les universitaires, les élus, les spécialistes, les urbanistes qui se penchent sur la question finissent pas faire ce constat : il faut mélanger les populations, « déguettoïser », métisser, désenclaver, relier. Or depuis la fameuse phrase de Michel Rocard à la fin des années 80, quand, premier ministre, il avait dit qu’il fallait « repeindre les cages d’escalier… » Hé bien, on repeint les cages d’escalier. A grande échelle certes, mais on rénove. Le programme ANRU, mis en place par le gouvernement est utile et ambitieux, il rénove les quartiers difficiles et tente de construire des logements susceptibles d’attirer la classe moyenne, et donc l’activité et la vie, là ou il n’y a, pour l’instant que de grandes barres déshumanisées. Cette politique, à l’évidence ne suffit pas et surtout ce n’est pas uniquement la classe moyenne qu’il faut attirer en lointaine banlieue mais plutôt la classe populaire à laquelle il faut refaire une place dans les villes aisées. C’est un peu comme si pour sucrer votre café vous versiez le café dans le sucrier…c’est plutôt le sucre qu’il faut mettre dans le café. D’ailleurs la loi oblige toutes les communes à tendre vers les 20% de logements sociaux en leur sein (un ou deux sucres). Mais la loi n’est pas respectée. Les villes riches préfèrent payer des amendes plutôt que de construire des logements sociaux. Et ça leur pose d’autant moins de problèmes qu’elles sont riches, c’est d’une logique implacable et coûteuse pour tout le monde ! Mais le problème c’est que dans les villes riches, par définition, le foncier est cher ! Oui et le résultat c’est que c’est l’ensemble de la collectivité qui paie, beaucoup plus cher encore, les conséquences de cette égoïsme des villes aisés. Le prix c’est les heures de transports, les rénovations de ces transports, l’aide sociale, c’est la violence et le stress engendrés par ces situations, c’est Sevran, Grigny, le département de la Seine-Saint-Denis qui se votent, un budget en déficit, en contradiction avec la loi… c’est 10% des villes les plus riches qui consomment 30% de la richesse des villes et 10% des villes les plus pauvres qui consomme seulement 1%. Ce sont les instituteurs de Seine Saint Denis qui sont moins remplacés qu’ailleurs alors que leur taux d’absentéisme est supérieur vu le contexte. Il n’y a pas de problème de ghetto ethnique mais un accroissement de la ghettoïsation sociale et de l’inégalité territoriale. Les maires de Banlieue signent des pétitions en forme de cri d’alarme, multiplient les démarches. Ils savent que ce n’est plus tellement de la pensée de Michel Rocard et de ses cages d’escalier à repeindre dont la banlieue a besoin mais plutôt de la pensée d’Alphonse Allais qui voulait mettre les villes à la campagne. Il faudrait s’en inspirer et détourner sa maxime en disant simplement qu’il faut mettre les villes pauvres dans les villes riches. Et ce ne serait pas un drame, certains (trop rares) le font, à Chantilly, chez Eric Woerth, le ministre du travail, ville, UMP plutôt bourgeoise, il y a plus de 20% de logements sociaux, à Versailles, ville bon chic bon genre s’il en est il y a 18% de logements sociaux sans que les plus fortunés se sentent souillés par la plèbe. A l'opposé, on a l’hallucinante campagne de certains habitants du 16eme arrondissement de Paris qui se démènent contre les projets de construction de logements sociaux dans leur quartier huppé… Et Neuilly-sur-Seine alors ??!Aux dernières nouvelles…entre 2 et 3,2%...selon les estimations…**

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