Ça devient un feuilleton : les relations Macron/Hollande.

Oui, après l’interview donnée par le ministre de l’Economie aux Echos , mardi, on peut s’interroger sur l’état des relations entre François Hollande et Emmanuel Macron. Parce que le président a donné son aval pour que son ministre laisse paraître l’entretien dans lequelle celui-ci expliquait qu’il faudrait aller plus loin que la loi El Kohmri et encourager la modération salariale. Peu avant, le ministre avait aussi expliqué que la loi n’était pas le meilleur moyen pour plafonner les salaires des grands patrons, contrairement au souhait de Manuel Valls. C’est le nième épisode de la série «Macron libre dans sa tête». Il va, à la longue, plus loin qu’Arnaud Montebourg se laissant aller lors de la cuvée du redressement à la fin de l’été 2014... Mais Emmanuel Macron est toujours là, il peut continuer à brouiller le message gouvernemental.

Il est moins dangereux à l’intérieur qu’à l’extérieur ? C’est ça ?

Bien sûr… Mais aussi le président aime bien Emmanuel Macron. Et c’est réciproque. Et en politique ça compte… C’est un élément qui est répété avec un mélange de certitude et d’étonnement dans les deux entourages. Sans trop abuser de la psychologie de comptoir, on peut penser aussi que François Hollande doit être agréablement agacé par ce jeune homme qui prend la liberté de dire tout haut ce que lui semble penser tout bas mais ne peut pas exprimer sans risquer de détruire le peu de base politique qui lui reste. Officiellement, bien sûr, pour l’Elysée « tout n’est pas bon dans le Macron » mais le ministre fait vivre des idées, anime un débat utile. Ça c’est la version élyséenne. La vérité c’est plutôt qu’aujourd’hui dans l’opinion, le ministre de l’Economie est au sommet quand le président touche le fond. Ils ont beau s’aimer, on est en politique et c’est le rapport de force qui compte. Alors à l’Elysée on feint de croire que Macron travaille pour François Hollande, qu’il va incarner l’aile droite de la surface politique que le président-candidat tentera de rassembler pour 2017. En attendant, sur le site des Echos, le ministre de l’Economie précise son calendrier. Et il est limpide. C’est bien celui d’un présidentiable, pas d’un gentil ministre de l’Economie qui fait bouillonner des idées pour enrichir la campagne de son gentil président ! A la fin de l’été, le président Macron (il doit bien être président de quelque chose) délivrera son diagnostic sur l’état du pays et après il développera ses propositions, dit-il… y compris en matière régalienne. Emmanuel Macron est candidat. Il pense que cette idée va s’imposer, que les sondages (qui ne comptent pas, bien sûr)… que les sondages à répétition montreront au pays que lui seul (à gauche) est en mesure de se qualifier pour le second tour. Les esprits les plus machiavéliques ne peuvent s’empêcher de voir, dans cette affaire, qu’une ruse de François Hollande… Un peu comme ils expliquaient en 2006 que François Hollande poussait Ségolène Royal pour se dégager la route à lui-même. Non, malgré l’atmosphère très urbaine dans laquelle ça se passe, nous assistons bien à un combat sans merci… pour l’Elysée.

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