Le remaniement est maintenant certain… Et le changement de Premier ministre semble acquis pour les membres de la majorité.

Oui, on ne trouve pas beaucoup de députés socialistes qui seraient enthousiastes à l’idée d’applaudir Jean-Marc Ayrault au premier jour de la rentrée parlementaire. Sauf gros correctif de la part des électeurs dimanche prochain -scénario hautement improbable- François Hollande est donc à la recherche d’un autre premier ministre. Le Président ne compte pas changer de cap politique… En revanche, il lui faut au moins répondre au message des municipales en changeant son équipe. Alors qui ? Ça dépend de la façon dont l’Elysée interprète le message des électeurs. Une claque n’est pas toujours très explicite… Si l’on considère que la percée du FN équivaut à une demande d’autorité, le nom qui vient spontanément à l’esprit c’est Manuel Valls. Sur le plan de l’autorité et de l’ordre, alors que le FN a fortement progressé dans l’électorat populaire, de gauche, Valls est sans conteste celui qui a le plus la tête de l’emploi. Mais, au-delà du choix du premier ministre, François Hollande lui-même est désigné –dans son propre camp- comme le responsable des résultats des municipales. Par nature, par fonction, le Président est responsable, non pas -bien sûr- de l’ensemble de l’état de la France au bout de deux ans au pouvoir mais au moins de son état d’esprit. La colère des Français n’est pas due, (comme on le dit trop souvent après une élection perdue) à une question de communication du gouvernement. Nicolas Sarkozy communiquait tous azimut, sans plus de résultats sur les déficits, le chômage ou la compétitivité des entreprises françaises… Nous sommes en présence d’un électorat qui manifeste une grande défiance envers un pouvoir qui incarne une grande impuissance.

Le remaniement devrait avoir aussi pour but de contrecarrer cette impression d’impuissance ?

Oui, les mois de suspens sur la question de l’inversion de la courbe du chômage ont achevé d’ancrer dans le crâne des Français l’idée que François Hollande n’a pas le pouvoir de ses ambitions, coincé entre la promesse de mettre le monde de la finance au pas, et des exigences d’équilibres budgétaires vécues, justement, comme une soumission à ce monde de la finance.

En janvier, François Hollande a clairement expliqué qu’il avait identifié enfin les raisons de la panne française : le manque de compétitivité de l’industrie. Rien que ce constat valait sanction de la part des électeurs puisqu’il n’avait pas été exprimé si clairement (et surtout ses conséquences) pendant la campagne présidentielle… que l’on soit d’accord ou pas avec la ligne politique du Président… Dans cette optique là, si vraiment François Hollande veut que la France fasse 50 milliards d’économie dans les trois ans qui viennent, eh bien la logique voudrait qu’il nomme à Matignon le seul, qui au PS ou lors de la primaire, avait clairement adopté une position, dite social-libérale : Manuel Valls. Mais, comme il n’y a jamais de bonnes solutions dans ces situations, le choix de Valls comporterait aussi beaucoup de risques politiques. D’abord celui de rétrécir la surface de la majorité… ce qui n’est pas l’idéal après une élection perdue ! Valls à Matignon signerait la fin de l’accord avec les écologistes. Ces derniers l’ont toujours dit. Et puis à la veille d’annonces économiques fortes (les 50 milliards d’économies) qui, auront des conséquences sociales et entraîneront des mécontentements, nommer le premier flic de France à la tête du gouvernement, peut, dans les premiers jours du moins, ressembler à une provocation pour toute l’aile gauche de la majorité.

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