Xavier Bertrand est candidat à la présidentielle… Quelle offre politique représente-t-il ?

Xavier Bertrand
Xavier Bertrand © Getty

Le terme qu’il a choisi, c’est ‘gaulliste social’… presque personne n’est contre le gaullisme social (comme l’autorité douce et l’ordre juste ou le désordre harmonieux)… c’est d’ailleurs comme ça que s’est présenté Jean Castex quand il a été nommé et que tout le monde se demandait : mais qui c’est celui-là ? Historiquement, le gaullisme social fait référence au discours d’Oxford en 1941, quand de Gaulle décrivait une troisième voie entre le ‘communisme inhumain et l’inhumanité du capitalisme’ ? On pense aussi, avant le référendum perdu de  1969 sur la régionalisation, à la proposition du général d’instaurer la participation, un système très redistributif. Plus tard, avec Philippe Séguin, le gaullisme social c’était le souverainisme opposé à la construction européenne libérale. La version Bertrand du gaullisme social est à définir. 

Pour l’instant, il explique que c’est une exigence d’autorité de l’Etat, de valorisation de la valeur travail et une autre étape de la décentralisation (et de la déconcentration) avec à la fois plus de pouvoir aux collectivités locales et aux préfets. Tout ça reste assez théorique, des concepts largement acceptables quand ils sont ainsi énoncés mais qui deviennent plus problématiques quand ils sont détaillés. Xavier Bertrand veut déjà réussir à être de droite sans pour autant apparaitre comme le défenseur des premiers de cordée. Ce qu’il cherche pour l’instant, c’est à donner le sentiment qu’il peut y avoir un chemin entre le macronisme et le Lepenisme. 

Et il refuse de passer par une primaire.

Oui, instruit par 2017 ! Les deux candidats issus des primaires ont été balayés. La présidentielle à deux tours est déjà assez contraignante dans un contexte où les partis politiques ne drainent plus, par eux-mêmes, la masse des électeurs. Il faut prendre en compte des exigences politiques contradictoires pour le premier et le second tour : Rassembler son camp, par des discours très typés, clivants pour le premier dimanche, puis passer à un discours qui embrasse beaucoup large pour le second… sans se contredire pour autant. Si en plus, il faut ajouter deux tours (pour la primaire) où il faut mobiliser un cœur électoral très restreint et sociologiquement bien différent du large électorat présidentiel, ça devient autodestructeur. 

Xavier Bertrand s’en sort donc en se drapant dans les mots gaulliens : 

'La présidentielle c’est la rencontre entre un homme (il ajoute une femme, signe des temps) et le peuple'... de Gaulle complétait ‘et des circonstances'.

Pourquoi y aurait-il cette rencontre ? Pour l’homme de droite qu’il est (et ses propositions sécuritaires en attestent), le bon positionnement serait d’apparaitre (compte tenu des circonstances politiques) comme celui qui serait décemment acceptable par une bonne partie de la gauche. Ce n’est pas gagné, d’autant que les prochains mois, il sera opposé à une gauche réunie dans la bataille des régionales. En attendant… est-ce que le pays, en pleine pandémie, s’intéresse déjà à la présidentielle ? Non, mais au moins cette nouvelle offre permet de rappeler qu’il y a  quand même encore une vie politique en dehors de la Covid. 

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