Le Front national a quelques soucis avec sa stratégie de dédiabolisation à l’approche des municipales…

On peut toujours soutenir que Marine Le Pen et ses lieutenants Fillipot et Alliot souhaitent sincèrement faire évoluer le FN. Le recentrer quelque peu… mais même si d’aventure l’opération était sincère, elle serait vaine ! « Un Front National recentré » est aussi incongru qu’un taliban modéré ou qu’un extrémiste du Modem… Les dits et les non-dits du FN, les ressorts sont toujours les mêmes : d’extrême droite. Mais Marine le Pen peut faire illusion. Un tiers des Français sont prêts à voter pour son parti, pourtant il n’y a pas un tiers des Français qui sont d’extrême droite. Il suffit de faire parler quelques têtes bien faites en haut lieu. Ces champions du slalom idéologique et de l’esquive programmatique sauront réciter les éléments de langages appropriés. Pendant la présidentielle, c’est maitrisable, pendant les législatives c’est un peu plus compliqué, il faut quelques 500 candidats qui bordurent leur propos, mais ça passe. Quand viennent les élections locales, ça se complique. Pour les cantonales, ça passe encore, puisqu’il n’y a pas forcément de campagne de terrain. Bien des candidats FN se sont contentés d’apposer leurs noms sur des affiches. Pas de campagne, pas de dérapage possible… et d’ailleurs pas de résultat mirobolant. Mais pour les municipales, ce n'est plus possible de simuler.

Là, le casting est un réel casse tête pour les instances du Front National.

Oui, parce qu’il faut vérifier, un par un, que les milliers de militants qui figureront sur les listes ne sont pas de sombres fachos aux discours hors-clous, racistes. C’est un travail de fourmis que les cadres du FN sont en train de réaliser. Et pour l’instant on est loin du compte. Il manque énormément de candidats sûrs. Wallerand de Saint-Just, tête de liste à Paris a une formule légèrement désespérée pour décrire la situation : « la moisson promet d’être belle mais nous manquons d’ouvriers agricoles » dit-il… Quand le FN dévoilera ses listes, chaque nom sera passé au scanner par l’ensemble de la presse et par tous les opposants. La moindre page Facebook, le moindre tweet douteux sera repéré en quelques heures et rendu publique. L’époque des réseaux sociaux et de la transparence numérique rend l’opération de dédiabolisation du FN en profondeur très aléatoire. Des témoignages de transfuges effarés qui ont fait un aller et retour au FN affluent. Anna Rosso-Roig responsable du Front de Gauche à Marseille, Arnaud Cléré, UMP de la Somme ou Nadia Portheault ex-sympathisante UMP de Haute-Garonne étaient bien partis pour être sur des listes FN… et puis, ils ont entendu des horreurs, vu des tatouages de croix gammées… Il avait suffit que Marine Le Pen customise son chars d’assaut en camion à pizza bleu marine pour que ces ahuries de la politiques y montent. Ces trois-là en redescendent en faisant grand bruit mais beaucoup d’autres, honteux en se taisant. Chassez le naturel, il revient au pas de l’oie.

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