Après un weekend de contestation populaire…

Avec la mobilisation en décrue, mais qui rencontre toujours un très larges soutien. La violence sur les Champs-Elysées ne doit pas nous divertir de la réalité d’un mouvement populaire  devenu plutôt calme dans le reste du territoire. Ce qui ne le rend pas pour autant plus lisible. Il s’agit cependant bien d’un mouvement social contre la vie chère et le sentiment de relégation... et pour certains même un mouvement de sécession civique. Les oppositions tentent de lui donner le contenu qui les arrange sans parvenir à le teinter de leurs couleurs. Les extrêmes s’y engouffrent et s’y noient. On peine toujours à déterminer quel pourrait être son débouché politique. L’incapacité des gilets jaunes à se structurer, à hiérarchiser leurs revendications, leur prétention à être LE peuple, rend la réponse du pouvoir très aléatoire. Et la gauche, dont la nature est d’être force motrice des mouvements sociaux, est particulièrement à la ramasse.

Pourquoi ?

La gauche officielle a manifesté samedi -avec succès d'ailleurs- sur le thème des violences sexuelles mais s’est fait voler la vedette –un comble !- par un mouvement social ! Nous avions là synthétisé le drame de la gauche qui (depuis la rigueur de 1983) n’arrive plus à proposer un programme de défense des classes moyennes et populaires. Une gauche réfugiée dans le champ sociétal, aussi légitime pour elle que la question sociale mais qui, sans cette dernière, l’éloigne irrémédiablement du peuple. Seulement, pour la première fois depuis longtemps, un thème apparaît, surplombant tous les autres et qui pourrait bien finir par combler ce fossé entre la gauche et le peuple (justement au moment où il semble le plus profond) : la question écologique! Jusqu’ici, l’écologie était un sujet sociétal, réservé aux citadins repus. Puis, ces derniers temps,  l’écologie est devenue un sujet social certes, mais  un problème! Facteur d’inégalités pour les plus pauvres et les plus isolés! Seulement, urgence écologique vitale aidant, le discours tout azimut des gilets jaunes ne contient aucune remise en cause de la nécessité de la transition! Ce sont ses modalités injustes qui sont refusées. Ça peut surprendre mais les gilets jaunes, contrairement à l’électorat trumpiste par exemple, ne dit rien contre l’écologie

L’écologie peut donc devenir une réponse sociale, pour peu qu’il soit démontré qu’elle est facteur de mieux vivre, de transformation de la société et même de réduction des inégalités. C’est le futur ciment possible de la gauche, propre à la réconcilier avec le peuple. On n’y est pas encore, loin de là! Pour l’instant, la transition écologique s’engage sur une base inégalitaire. Les relégués du monde qui s’éteint ne veulent pas, en plus de payer la dette financière,  être les premiers à payer la dette écologique qui a défigurer nos société et mis l’humanité en danger! Voilà pourquoi la volonté du gouvernement de se pencher désormais sur les conditions sociales de la transition est louable. C’est même un minimum ! Ce par quoi on aurait dû commencer… L’écologie peut et doit passer du statut de problème à celui de solution sociale.

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