Ce matin, deux sondages sombres pour l’exécutif...

Oui, comme il y en a plusieurs par semaine. Odoxa pour France Inter et Elab pour Libération. Ils montrent que la  popularité du couple exécutif, déjà très bas, s’érode encore. 64% des  Français estiment que le président ne comprend pas la réalité sociale du  pays. Toutes les contestations sont populaires.  87% des sondés étaient derrière le personnel hospitalier, 74% avec les  marches pour le climat. 62% s’opposent à la réforme des retraites, et  toujours 50% des Français ont de la sympathie pour les Gilets jaunes...  mais ils ne sont que 16% à leur faire confiance  pour mener les contestations. C’est déjà mieux que les syndicats qui ne  recueillent que 12% de confiance. 

Classique ! Alors pourquoi parler de ces sondages ?
Et bien parce que je les ai retournés... On classe les responsables ou  les organisations par popularité... Alors que ce qui est frappant, c’est  leur impopularité stratosphérique. Côté politique, les personnalités à  la popularité positive ne sont que deux :  Nicolas Hulot et, plus loin, JY. Le Drian, ministre des Affaires  étrangères qui ne dit jamais rien. Le reste du gouvernement et toute  l’opposition sont largement impopulaires. JL. Mélenchon, Marine Le Pen,  en tonitruantes incarnations de la colère, devraient  bénéficier de l’état d’esprit protestataire général. Ils sont, en  réalité, les plus impopulaires. 57% des sondés s’opposent à Marine Le  Pen et 65% désapprouvent le leader de LFI. Peut-être parce que bien que  mécontents, les Français savent confusément, comme  le disait Camus dans l’Homme révolté, que ‘la démesure est un confort, toujours, une carrière parfois’.  Les moins impopulaires, paradoxalement, sont les plus modérés, Xavier  Betrand ou François Baroin pour Odoxa. Mais leur taux d’impopularité  est bien supérieur à leur taux de popularité. Le mécontentement à  l’égard du gouvernement ne provoque pas de mouvement de balancier vers  une solution d’opposition ? Le coût de la vie, les inégalités, l’état  des services publics, les retraites, le manque de  respect et de confiance en général dans la société, sont, d’après Elab et Odoxa, les 1ères causes de la colère générale. Non  seulement le pays n’a pas été redynamisé par Emmanuel Macron mais toute  alternative semble aussi peu convaincante que la mauvaise solution en  place. Une sorte de défiance désidéologisée  et presque fataliste s’est installée. Bien sûr, détestation comme  engouement sont des sentiments toujours plus volatiles pour une  population en pleine désaffiliation politique. Mais pour l’instant, le  pire des bilans pour la majorité, comme pour les oppositions,  c’est que toutes propositions, d’où qu’elles viennent (monde politique  ou syndical), dans tous les domaines, semblent entourées d’un halo de  suspicion et de rejet. Comme si notre société ne pouvait plus générer  que des énergies négatives. La question qui s’ouvre  n’est donc plus tellement quelle politique choisir ? mais Comment, démocratiquement doit-on désormais fabriquer et sélectionner les propositions politiques ? Un chantier institutionnel est ouvert à la marge, seulement, avec  l’intéressante expérience de la Convention citoyenne, tirée au sort,  limitée au thème de la transition écologique. Même la très modeste  révision constitutionnelle envisagée semble morte  née... L’ancien monde est rejeté. Mais le nouveau n’est pas en vue.

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