16 ème conférence de presse ce matin pour Dominique de Villepin. Le premier ministre la tiendra à Cergy Pontoise. Elle sera dominée, dit-on à Matignon, par le thème de l'éducation. L'occasion de feuilleter un petit album photo. Deux photos seulement. La première a un an mais elle est déjà couleur sépia. Il faut dire que tout vieillit très vite en politique. L'autre n'est pas encore dans les boitiers. Elle sera prise ce matin. Flashback donc. Dominique de Villepin tient ce 27 octobre 2005 sa 5ème conférence de presse. Il s'est plutôt bien sorti de l'épreuve des 100 jours à Matignon. Parti au ras des pâquerettes dans l'opinion publique, il remonte dans les sondages. La grâce après la disgrâce. Il apparaît donc, pour la première fois peut-être, aussi clairement ce jeudi là, comme un compétiteur possible au candidat qui se croyait unique, Nicolas Sarkozy. Pour tenter d'ailleurs de calmer les tensions qui commencent à monter entre eux, Dominique de Villepin l'invite à sa conférence de presse. Sur la photo ce jour là, le numéro 2 du gouvernement triture nerveusement son téléphone portable pendant que le premier ministre lui pique un certain nombre d'idées et lance chantier sur chantier. Mais les apparences sont sauves. Nicolas Sarkozy assure même : "Au PS, ils se ressemblent, dit-il, mais sont profondément divisés, nous nous sommes différents mais unis." ça, pour le coup, c'était pas franchement visionnaire. Et la photo d'aujourd'hui, à quoi va-t-elle ressembler ? Dominique de Villepin devrait porter sur lui les stigmates de l'année écoulée, une année qui doit peser 10 siècles sur ses épaules. Car s'il a obtenu des résultats, notamment sur le chômage, il a surtout traversé des tempêtes inouies. Le jour même de sa conférence de presse de l'an dernier, se nouait un drame à Clichy qui deviendrait le point de départ de 3 semaines d'émeutes dans les quartiers. Du jamais vu. L'hiver dernier, la crise du CPE mettait la jeunesse lycéenne et étudiante dans la rue, et contraignait l'exécutif à la retraite. Enfin au printemps, éclatait l'affaire Clearstream. Alors pourquoi parler de stigmates ? Et bien tout simplement parce que ces épreuves ont ravi ses ambitions présidentielles. Pas anéanties, l'homme a un ressort personnel impressionnant, mais elles les ont rendues quasi irréalisables. Aujourd'hui, les parlementaires UMP sont tétanisés par leur premier ministre. L'opinion publique a décroché. Personne ne le voit candidat. Et surtout la haine avec Nicolas Sarkozy est devenue inextinguible. C'est évidemment Cleastream qui a tout envenimé. Aujourd'hui, pendant que Dominique de Villepin réclamera sans doute à nouveau d'être entendu par la justice pour laver son honneur, Nicolas Sarkozy attend de pouvoir savourer sa victoire. Un de ses proches affirme que les placards de la place Beauvau sont pleins à craquer de bouteilles de champagne. C'est une image bien sûr, le bouchon prêt à sauter dès que le premier ministre mettra les pieds chez un juge. Car pour le président de l'UMP, celui qu'il croit être le manipulateur en chef de cette embrouille, sera alors à terre. C'est vous dire si sur la photo ce matin, il faudra surtout chercher l'absent, un petit diablotin ricanant et vengeur, qui attend le coup de grâce.

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