**Par Jean-François AchilliLe chef de l’Etat ne pense qu’à ça, ou presque, il consulte à tour de bras, sa décision est attendue autour du 15 novembre. Et le gagnant sera : Jean-Louis Borloo ! Celui qui est présenté comme la touche sociale et centriste du président sera vraisemblablement nommé à Matignon. Le ministre de l’écologie est un peu partout en ce moment, interview dans le Figaro ce matin, une de Libération… . Il fallait le voir sur France2 samedi soir: le ton rassurant était celui d’un Premier ministre dont il cherche déjà à endosser le costume bien repassé. Ses meilleurs ennemis le disent pourtant affaibli par la bourde de la semaine précédente, le « pas de pénurie dans les stations services ». Borloo était invisible, on ne voyait que son secrétaire d’état aux transports Dominique Bussereau. François Fillon, qui a relayé cette super info, ne décolère pas depuis. Du coup, Nicolas Sarkozy, un peu refroidi, a mis Jean-Louis Borloo en période probatoire. Donc, ça ne sera pas forcément lui le prochain Premier ministre ?Vous oubliez tout ce que je viens de vous raconter. Parce que je suis en fait en mesure de vous annoncer que François Fillon va rester à Matignon. C’est fait. Nicolas Sarkozy et lui en ont longuement parlé mercredi dernier, au sortir du Conseil. Le Premier ministre, toujours populaire, rassure toute une partie de la majorité. Il fait le job. Nombreux sont ceux qui ne comprendraient pas son départ, et pas seulement à droite. De plus, il n’a pas de point de chute : l’UMP c’est pour Copé, et Accoyer s’accroche à son perchoir à l’Assemblée. C‘est donc le gouvernement qui sera profondément remanié. Le tandem Sarkozy-Fillon va durer encore dix-huit mois. En fait, ce scénario ne tient pas plus la route...A vrai dire, non. Imaginez : vous gardez Fillon à Matignon, ainsi que les Lagarde, MAM, Hortefeux, Besson... Vous appelez ça un remaniement ? Non, l’actuel tandem de l’exécutif va se séparer en douceur. Et Nicolas Sarkozy va nommer un petit nouveau dont il ne dit que du bien : Luc Chatel. A moins que ce ne soit Bruno Lemaire. Ou encore François Baroin. Ce sera ça, la nouveauté. En attendant, les paris sont ouverts. A la rédaction de France Inter, Philippe Lefébure a misé gros sur son poulain à lui : le président du Sénat Gérard Larcher. Ça part dans tous les sens… Qu’est-ce que tout ça veut dire ?Que tout se vaut. Que tout cela n’a pas une réelle importance. Les Français qui défilent dans la rue se moquent pas mal de celui qui s’installera – ou restera – à Matignon. Par ailleurs, le job à la fin du quinquennat ne sera plus le même. Le Premier ministre était déjà effacé, démonétisé par un président hyperactif. Cela sera d’autant plus vrai dans les mois qui viennent, quand le président deviendra candidat. Peu importe si ce sera Borloo, Fillon ou un autre à Matignon. Il n’y aura plus que Nicolas Sarkozy, et lui seul sur le devant de la scène, face au candidat de la gauche, pour la bataille finale.**

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