Retour sur le débat entre Jean-François Copé et François Fillon...

Alors plutôt qu’à un débat, nous avons assisté à deux interviews parallèles entre un candidat à la présidence de la République française et un candidat à la présidence de l’UMP… avec, finalement assez peu de surprises puisque Fillon et Copé ont été fidèles à l’image qu’ils offrent aux militants, et plus largement à ceux qui s’intéressent à cette campagne, depuis plusieurs mois. Fillon parlant avec gravité et noirceur de la gravité noire de la situation du pays et Copé parlant avec véhémence de la gauche et des médias, responsables d’un désastre contre lequel il se dit entré en résistance. Il ne va pas, je vous rassure, jusqu’à rentrer dans la clandestinité, bien au contraire. Mais malgré les efforts de David Pujadas il n’y a pas eu de dialogue, pas de controverses apparentes même s’il y en avait beaucoup de souterraines. L’auditoire utile, c'est-à-dire les militants qui regardaient l’émission, n’auraient pas supporté de voir l’un triompher sur l’autre avec les mêmes armes que dans un affrontement classique droite/gauche.

Les socialistes, eux, avaient vraiment débattu à la télévision, pendant les primaires ! Le PS, organisé en courants a l’habitude de la confrontation interne, mais surtout les candidats s’adressaient à des millions de Français, susceptibles de les départager pour devenir le probable futur président de la République ! La comparaison entre les deux débats ne pouvait être que décevante. La grande difficulté que devaient affronter les deux débatteurs d’hier était cette distorsion entre le tout petit nombre de nos concitoyens qu’ils avaient à convaincre et le très large public d’une grande chaîne généraliste en prime time.

Chacun semblait d’ailleurs avoir choisi son public…

Oui, Copé, en retard dans les sondages, avait clairement décidé de s’adresser aux militants avec un discours plus clivant et partisan alors que Fillon, plus rassembleur, avait un discours propre à toucher le plus grand nombre.… On ne retiendra pas de coup d’éclat ni d’estocade particulièrement habile. Ce n’était pas l’objet. Il y a eu certes ce petit scoop de Fillon qui a avoué que Nicolas Sarkozy avait fait retarder la mise en œuvre du plan social de Peugeot (et que ça avait fait débat entre eux). Et puis on aura quand même un peu ri devant le culot insondable d’un Jean-François Copé, Parisien de toujours, énarque et avocat d’affaires, lancer sans cesse –en substance- aux journalistes : « vous les gens de Paris, vous ne comprenez rien à ce qui ce passe sur le terrain », comme si les journalistes habitaient tous comme lui dans le XVIème arrondissement… Maintenant la question est de savoir si les militants, ceux qui vont voter, donc les téléspectateurs utiles, vont se mobiliser? Car l’enjeu était là aussi hier soir : Il y a 260.000 militants, chacun des candidats dit avoir reçu 45.000 et 46.000 parrainages. Les candidats qui n’ont pas eu le nombre de parrainages requis, ont totalisé quelques 20.000 signatures… ça fait près de 110.000 parrainages en tout… donc… s’il n’y a pas plus de 110.000 votants le 18 novembre, c’est bien que la préparation de l’élection aura été trafiquée… c’est ce que pronostique, en privé, une ancienne ministre UMP. Je ne peux pas vous dire son nom, seulement qu’on la nomme par ses 3 initiales et que, un indice, la totalité de ces trois lettres ferait 13 points au scrabble… mais je ne vous ai rien dit !

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