Ce matin, Manuel Valls est attendu aux Mureaux, pour présider "un énième" comité interministériel consacré à la politique de la ville. Oui, la moitié du gouvernement a été convoqué - comme souvent - et vous imaginez bien que la date du 26 octobre n'a pas été choisie au hasard par le Premier ministre. Nous serons demain, 10 ans - jour pour jour - après la mort de Zyed et Bouna... Tout cela s'était passé à Clichy-sous-Bois. Et surtout, tout cela avait entraîné trois semaines d'émeutes dans plusieurs cités du pays. On est donc tenté de se demander - une décennie plus tard - si les politiques ont trouvé des solutions aux problèmes. En réalité, force est de constater que depuis 40 ans, "les plans banlieues" s'enchaînent... Le premier ? C'est Valéry Giscard d'Estaing qui l'a commandé, en 1977! Le dernier ? Il remonte à 2013... Autrement dit, c'est François Hollande qui l'a fait voter... Entre ces deux dates, 36 années se sont écoulées... et 9 "plans de cohésion sociale" ont été adoptés. Ce qui fait une nouvelle politique de la ville, en moyenne, tous les 4 ans ! A cela, il faut y ajouter les comités interministériels comme aujourd'hui... Il s'en est tenu pas moins d'une trentaine en 40 ans... Manuel Valls par exemple, en a déjà tenu un - il y a six mois seulement - mais qui s'en souvient ?Et à chacun de ces rendez-vous, des millions voire des milliards sont injectés… Pourquoi est-ce que ça ne règle pas le malaise dans nos cités ? Tout simplement, parce que tous ces plans n'abordent jamais les vrais problèmes, qui sont politiques... Ils ne font que tenter de régler des difficultés sociales et économiques : on fait tomber une tour parce qu'elle est insalubre... On rouvre une antenne de police pour faire baisser les chiffres de la délinquance... On annonce plus d'enseignants dans certains quartiers déshérités pour lutter contre l'échec scolaire... Autant de mesures - certes nécessaires - prises tantôt par la droite, tantôt par la gauche, mais qui ne résout pas le problème essentiel : celui d'offrir aux habitants de banlieues le droit de se sentir les mêmes citoyens que ceux qui vivent ailleurs ! Que les chances de réussir dans notre pays, ne soient plus impactées par le nom que l'on porte, par l'adresse où l'on loge ou même par la couleur de sa peau... Or, Rachid qui vient d'Argenteuil a toujours plus de mal à décrocher le même métier ou le même logement que Thomas qui est originaire de Dijon... Pendant sa campagne présidentielle, en 2012, François Hollande a compris a compris que l'égalité en France était devenue une priorité... que les banlieues n'avaient pas seulement besoin de mesures sociales, mais étaient en attente de symboles forts, comme la fin des contrôles au faciès, comme le droit de vote des étrangers dans les scrutins locaux... Après 3 ans et demi de pouvoir socialiste, elles n'ont toujours rien obtenu et n'espèrent plus grand chose d'un comité interministériel de plus ou de moins !

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.