Situation, assez peu ordinaire, du Premier ministre, Edouard Philippe : pas encore exclu du parti "Les Républicains", mais pas non plus pressé d'adhérer à "La République en Marche"...

Effectivement... sauf qu'en acceptant la proposition d'Emmanuel Macron, d'être nommé à Matignon... est-ce qu'Edouard Philippe, finalement, n'a pas - de fait - assumé de quitter son parti... et donc endossé avec sa nouvelle fonction, celle de patron de la majorité...? Ce qui a tout compliqué, en réalité, c'est que le Premier ministre ne s'est pas présenté aux dernières élections législatives... Autrement dit, il n'a pas eu d'étiquette politique à choisir... La question ne s'est pas posée... et depuis?... il s'est toujours abstenu de la trancher ! 

Maintenant, est-ce que le Chef du Gouvernement est vraiment appelé aujourd'hui, à jouer - aussi - le Chef de la majorité? Certes, c'est ce qui est écrit dans la Constitution... Mais concrètement? que signifie - encore - être le patron d'une majorité, si ce n'est pas pour l'emmener dans un combat électoral, à mi-mandat? Depuis le passage du septennat au quinquennat, "chef de la majorité" est une fonction qui n'en a plus que le nom... Parce que, - qui - fait aujourd'hui gagner les élections à l'Assemblée? C'est le Chef de l'Etat... Cette année, c'est Emmanuel Macron qui a fait élire ses députés... Et dans 5 ans - à l'issue de son mandat, s'il est à nouveau candidat -, eh bien c'est encore lui, qui les fera gagner ou pas...'

Donc, à bien observer le couple de l'exécutif, celui qui a besoin de la majorité... celui qui la porte... ce n'est absolument plus le Premier ministre... Son rôle, à lui, est de plus en plus technocratique... 

Ce qui signifie peut-être, qu'Edouard Philippe n'est pas obligé d'avoir une "couleur politique"... 

Exactement... D'autant que, depuis l'élection de notre nouveau président, les partis - qui avaient toujours été placés au coeur de la vie politique -, les partis n'apparaissent plus aujourd'hui comme une nécessité absolue... C'est sans eux, qu'Emmanuel Macron a réussi à être élu... il s'est laissé porter par un "mouvement"... c'est-à-dire par des gens, qui ont décidé de se regrouper pour l'aider et lui permettre de s'imposer... Dans le fonctionnement, c'est assez éloigné de l'organisation classique d'une formation politique... -- ce qui explique d'ailleurs, que "La République en Marche" ait tant de difficultés à présent, en cherchant à se structurer... Mais là, n'est pas la question... -- ' Cette expérience présidentielle surtout, a profondément bouleversé la donne, modifié les codes... puisque la preuve est désormais faite qu'on peut réussir politiquement, sans passer par un parti forcément... 

De quoi "rassurer" Edouard Philippe, et surtout de quoi l'encourager à ne pas repartir trop vite s'enfermer dans les querelles partisanes... C'est aussi l'occasion pour lui, de ne pas tout devoir à Emmanuel Macron... de garder ses distances... d'avoir une certaine autonomie... Autant d'arguments finalement, qui plaident pour un Premier ministre au-dessus des partis... n'en choisissant aucun ! Et c'est vrai que dans cette "confusion" qui règne en ce moment - dans ce brassage politique, qui est devenu permanent - ce n'est sans doute pas une mauvaise idée que de vouloir patienter... 

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