Nouveau Florange à Ascoval, nouveau ras-le-bol fiscal (écologique) ? Urgence de la pédagogie en Macronie...

L’édito politique, avec vous Yaël Goosz. Et ce matin, le risque d’un nouveau malentendu entre Emmanuel Macron et les Français… 

Oui, plus que jamais la grande explication devient nécessaire. Et pas juste une allocution télé de 12 minutes une fois tous les 6 mois. Car la semaine qui s’achève remet du brouillard sur la politique du gouvernement. Brouillard sur deux des priorités de la rentrée, emploi et pouvoir d’achat, les « Gaulois réfractaires » ont de quoi y perdre leur latin. Le chômage d’abord. Le thermomètre a beau ne plus être mensuel, mais trimestriel, à la fin c’est quand même une courbe qui va dans le mauvais sens… « On aurait pu avoir une baisse, rétorquent les conseillers à Bercy, mais c’est parce nous, contrairement à nos prédécesseurs, on ne fait plus d’emplois aidés ! » 

Le problème c’est qu’au même moment, vous avez l’effet loupe sur l’usine Ascoval, dans le Nord. Comme un remake de Florange. L’aciérie en crise, 300 emplois menacés… Impression de déjà-vu : l’Etat sommé d’intervenir et de jouer les pompiers, des syndicalistes et des Insoumis qui relancent le débat sur les nationalisations, des élus locaux et régionaux, Xavier Bertrand en tête, qui mettent la pression sur le Président… Lequel, et ça pourrait lui revenir en boomerang, a promis, l’an dernier, aux élus de Saint-Saulve que tout irait bien et qu’ils pouvaient dormir sur leurs deux oreilles. Là c’est plutôt l’insomnie qui les guette. Et l’Elysée sait que symboliquement les dégâts seront considérables si la parole de l’Etat n’est pas tenue… 

Et Yael, l’autre malentendu qui s’installe concerne le porte-monnaie de Français…

Là encore, la mise en musique des bonnes nouvelles se retrouve percutée par une actualité contradictoire. D’un côté, la perspective, dès la semaine prochaine, d’une hausse du salaire net pour 22 millions de Français, via la suppression des cotisations salariales… De l’autre, au même moment, la flambée des prix du gaz et des carburants. Pétitions en série, appel à bloquer les routes le 17 novembre. Le diesel plus cher ? Au nom de la transition écologique, l’exécutif assume. En clair, on alourdit la facture pour vous forcer à rouler propre… Promis, ça n’a rien de punitif… Bon courage pour convaincre. 

On résume : sur l’emploi, le spectre de Florange et d’une décrue trop lente du chômage… Et sur le pouvoir d’achat, les prémisses d’un ras-le-bol fiscal… ça ne vous rappelle rien ? 

Si... Le quinquennat de François Hollande ? Mais l’amalgame n’est pas un peu facile ?

C’est là que j’en reviens au point de départ… Tout est affaire de psychologie. Le message politique doit être plus fort que le ressenti, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Et quand vous êtes au pouvoir, c’est le dilemme permanent des temporalités. Vous réformez pour après, pour les autres, pour après vous. Mais les Français, eux, sont immergés dans le présent. Entre impatience et contradictions. Regardez Nicolas Hulot, il a quitté la scène en star, conscience éclairée et regrettée de ce qui doit changer pour sauver le climat. Moins de deux mois après, tout le monde se crispe sur quelques centimes d'euros en plus sur le diesel qui pollue. 

Les Français, la politique, et les injonctions contradictoires envers les politiques... Pour en sortir, il faut une pédagogie du quotidien. C’est celle-là qui fait défaut aujourd’hui, et qui alimente la défiance, le pire des poisons en République.  

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