La convention de Marion Maréchal est prévue samedi... avec ce mystère, ce cas d’école, d’un mouvement politique qui n’est rien et dont on parle tant. Absolument rien : un leader qui ne dit et n’écrit rien, absolument rien. On avait parlé d’un livre. Il n’est pas venu.

Marion Maréchal-Le Pen, ici lors d'un discours aux USA
Marion Maréchal-Le Pen, ici lors d'un discours aux USA © AFP / Jim Watson

Marion Maréchal a bâti, dit-on, une école politique... l’école est vide. 30 élèves qui n’ont quasiment pas cours ! Mais le marionisme arrive, par cette nouvelle mécanique du tout-info et des réseaux sociaux, à exister en enrobant sa vacuité d’une enveloppe médiatique en forme de baudruche politique ! 

Notre époque peut faire naître des célébrités sur du vide. Paradoxalement, Marion Maréchal, qui critique l’époque, est une réalité virtuelle bien d’aujourd’hui. Si l’on en parle un peu ces jours-ci, c’est que ce rien d’extrême-droite voulait interdire l’accès au spectacle de son creux abyssal à quelques journalistes... de peur, sans doute, qu’ils se rendent compte de l’immense supercherie.

L’éventuelle future quelque chose vit pour l’instant grâce à quelques militants amateurs qui n’ont réussi qu’à organiser une réunion avec quelques intervenants dont les plus connus sont polémistes médiatiques : Geoffroy Lejeune et Eric Zemmour… un philosophe, Raphael Enthoven, qui n’a rien à voir avec le marionisme. On dirait un pauvre plateau de C.News aux heures creuses... c’est-à-dire à n’importe quelle heure sur cette chaîne. 

Mais Marion Maréchal a quand même une cote de popularité !

Parce qu’elle était une Le Pen et que les instituts de sondage ont décidé de la tester. La presse s’intéresse à elle parce que dans le roman politique, le destin personnel est toujours porteur et le destin de la troisième génération Le Pen (encore plus blonde que les deux précédentes), voilà une saga attrayante ! 

Bien sûr, Marion Maréchal a cultivé une sorte d’identité idéologique, nationale-conservatrice, positionnement affirmé de droite au moment où la droite classique se cherche et où le RN refuse les vieux clivages. Marion Maréchal plait à une minuscule et déclinante France catholique conservatrice, une vieille droite qui garde en elle (comme le grand-père Jean-Marie) des résidus de pétainisme. 

Mais c’est une extrême-droite sans programme ni peuple... Elle se contente d’être cette vague identité sans rien arriver à théoriser ni à dire, sans réussir même à fonder une association, un parti, un mouvement avec des vrais gens dedans, sans pouvoir présenter le moindre candidat à la moindre élection... 

Alors une clique d’anciens étudiants d’Assas, qui fait le rêve gramscien de gagner une bataille culturelle, peut s’acharner à faire porter à Marion Maréchal ses obsessions dans son journal, L’Incorrect, pour quelques centaines d’abonnés, contre le fameux politiquement correct et la si pratique bien-pensance. 

Personne ne lit ce journal. Heureusement Valeurs Actuelles et CNews sont là qui s’éreintent à répéter qu’en fait le vide c’est du plein, de l’avenir... on dirait Pierre Dac et Francis Blanche ‘Marion Maréchal peut le faire ! Elle va le faire’ ! Quoi ? On ne sait pas... et d’ailleurs elle ne le fait pas. Heureusement que je suis payé au mois et pas à la chronique parce que là je viens de faire tout un édito sur... rien. 

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