Jacques Chirac, qui est poursuivi pour détournement de fonds publics et abus de confiance dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris, va rembourser la ville avant son procès. Oui, ou plus exactement l’UMP va rembourser les trois quarts des 2,2 millions qu’ont coûté ces faux emplois aux contribuables parisiens, le reste, 550.000 euros devrait être payé par Jacques Chirac lui-même. C’est un accord qui se dessine entre Bertrand Delanoë, le Maire de Paris et les avocats de l’ancien Président. Vous payer ce que votre infraction a coûté à la ville et l’on retire la plainte. Du coup tout le monde s’en tire à bon compte. L’argument tout trouvé du côté de Bertrand Delanoë sera (quand l’affaire sera officielle) du genre « le contribuable parisien rentre dans ses frais et l’on apaise les polémiques qui ont trop longtemps empoisonnées la vie politique de la capitale » … du coté de Jacques Chirac, l’argument est déjà avancé. Les avocats de l’ancien Président affirment que leur client veut, je cite : « apaiser une source de polémique ». C’est évidemment un argument qui représente sans doute le summum du culot. Je rembourse ce que j’ai détourné pour apaiser une source de polémique ! Cela revient à dire que le procès qui allait débuter à la fin de l’année et grâce auquel on espérait savoir exactement ce qui s’était passé et quels ont été les responsabilités de chacun, est rabaissé au rang de « polémique ». Nous payons, disent-ils pour éviter la polémique alors que les emplois n’étaient pas fictifs. De l’autre coté, ceux qui obtiennent ce remboursement, la mairie de paris, peuvent dire : « il paie, c’est aveu de culpabilité ». Au moment ou le PS a tout intérêt à prouver qu’en matière de gouvernance et de transparence il n’a rien à voir avec la majorité actuelle qui ne donne pas vraiment une image exemplaire, l’accord secrètement négocié entre les avocats de la mairie de Paris et ceux du président est du plus mauvais effet. Le bon coté de l’affaire c’est que le contribuable s’y retrouve. La mairie de Paris est remboursée. C’est vrai, la mairie retrouve ses billes mais ce n’est même pas une bonne affaire pour le contribuable parce que les trois quarts de la somme sont versés par l’UMP et que les partis politiques sont très largement financés par des fonds publics. 70% en ce qui concerne l’UMP. Les sommes allouées à chaque mouvement politique sont en rapport avec leur résultats électoraux. Donc ce que paie l’UMP à la Maire de Paris (sous réserve encore, n’oublions pas d’une acceptation de l’accord en conseil municipal)… mais ce que va payer le parti que dirige Xavier Bertrand proviendra, en grande partie de fonds public… donc du contribuable. Le contribuable national aura remboursé le contribuable parisien pour que la « polémique cesse » (pour reprendre les termes des avocats de l’ancien Président). Le procès, tant retardé sera donc vidé de tout intérêt et après une vie de slalom judiciaire, Jacques Chirac passe la dernière porte sans encombre grâce au soutien de l’Elysée (qui a fortement appuyé cet accord) et de la mairie de Paris ! Maintenant il serait assez amusant et instructif de faire le procès d’un seul emploi fictif. Un emploi qui n’a matériellement pas pu exister mais pour lequel personne ne s’est jamais ému ! Celui de Jacques Chirac lui-même… je ne prendrai l’exemple que d’une année de la vie politique de Jacques Chirac : 1979… en 1979 Jacques Chirac était à la fois : Maire de Paris (donc président du conseil de paris, qui à rang de conseil Général), Député de Corrèze (à 500 kilomètres de là), président du Conseil Général de Corrèze et, il s’est présenté cette même année en tête de liste pour les élections européennes. Tous ces emplois à plein temps bien sûr. Il n’a donc réellement rien été de tout ça, surtout que son vrai boulot à l’époque, c’était Président du RPR.

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