La rentrée est difficile pour l’exécutif… déjà la déception ?

En tout cas, on a l’impression que le spectre de l’impuissance guette François Hollande. Le Président est responsable de cette situation, puisque c’est lui qui a suscité l’espoir. En réalité il avait réussi à se faire élire (une première !) sans excès de promesses. Mais c’était visiblement déjà trop et aujourd’hui le doute s’installe sur la réalité de son pouvoir. Il n’a pas pu renégocier le traité européen comme il l’avait promis ! Pourra-t-il créer 60.000 postes dans l’éducation et respecter le zéro déficit en 2017 ?... On ne se demande plus si la politique du président élu est efficace. On se demande simplement s’il peut l’appliquer. En 1986, la gauche a été sanctionnée aux législatives, non pas parce qu’elle n’avait pas tenu ses promesses mais plutôt parce qu’elle les avait tenues… et ça n’avait pas marché. Aujourd’hui, le doute qui s’installe n’est pas dû aux premiers résultats de la politique de François Hollande mais au fait qu’il ne parait pas pouvoir mettre en œuvre son programme. Nicolas Sarkozy était dans la même situation mais il arrivait, au début du moins, à masquer son impuissance par un déluge d’annonces et un tourbillon de déplacements. Nous sortons d’une saison électorale pendant laquelle le message essentiel était « nous pouvons »… Les hommes politiques ne nous disent plus « je veux » mais « je peux ». La communication politique ressemble de plus en plus au sketch du fakir avec Francis Blanche et Pierre Dac : « vous pouvez le faire ? Oui. Il peut le faire ! ».

Pourtant François Hollande a toutes les manettes institutionnelles !

Oui mais le problème semble relever presque du domaine de la physique, il y a l’axe (on sait où il veut aller) mais pas la force ! Il ne peut même pas bloquer le prix de l’essence ! L’UMP dit que c’est une question de caractère, le Front de gauche y voit une soumission au système. Ce doute qui ronge l’opinion est extrêmement corrosif puisqu’il s’attaque au cadre de la nation : parce que finalement ce n’est pas tant Hollande après Sarkozy mais c’est la France qui semble ne plus avoir de pouvoir. A la vraie sphère de pouvoir qu’est l’Europe, ne correspond pas de cadre démocratique. En lisant les discours du candidat Hollande, on sentait bien, sous la modestie des promesses, cette conscience de sa future impuissance. Le vrai enjeu, avec l’affaire de l’approbation du traité Européen, il saute aux yeux maintenant : c’est la démocratie européenne. En attendant, tous les cinq ans, pendant six mois les candidats à la présidentielle renationalisent toutes les questions. L’idéologie républicaine, ciment français est magnifiée de façon quasi messianique. Pendant cette période l’Europe est perçue comme un grand bain saumâtre dans lequel se diluerait notre identité. Chaque discours se termine par « vive la République, vive la France » devant un drapeau européen prétexte. Ce début de déprime post présidentielle que l’on perçoit en ce moment, cette petite mort politique, nous la lisons déjà comme les prémisses de l’échec de François Hollande. Mais pour l’instant, l’ambiance de cette rentrée est surtout plombée par le contrecoup de la perversité de l’élection présidentielle elle même. Une élection qui tronque et personnalise à outrance les débats et qui sublime pendant six mois ce que Marx appelait « l’illusion du politique »… et en politique, comme dans beaucoup de domaines, l’impuissance est plus douloureuse que l’échec ! Demain promis, un édito moins désabusé…

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