Dernier symptôme de la crise à EELV : le député de Loire-Atlantique, François de Rugy, quitte le parti en dénonçant la dérive gauchiste de celui-ci.

Oui, et il y a tout juste deux ans, c’était Noël Mamère qui quittait EELV …pour cause de dérive droitière. C’est dire l’état de maturité de ce parti. Son drame, c’est que l’avenir ministériel de Jean-Vincent Placé ou Barbara Pompili n’intéresse personne. Moi-même, dont le métier est de vous y intéresser, je m’en contre-fous. C’est dire ! En revanche, il faut se pencher sur la question de savoir pourquoi ce parti donne l’impression de n’être jamais à la hauteur des enjeux primordiaux qu’il est pourtant le premier et le seul à mettre en avant. Les organisations politiques écologistes ne nous paraissent jamais tout à fait finies, autant faites pour le pouvoir que vous Patrick pour la matinale deRire et Chansons . Les écologistes, du fait de la spécificité de leur sujet, ont bien du mal à proposer un projet global. Ils ont une priorité. Et ce devrait être la priorité de l’ensemble du monde politique : trouver les voies et moyens d’organiser la vie sur terre sans détruire la planète. C’est aussi essentiel que vaste. Mais ça ne dit rien de toute une série de questions, notamment régaliennes ou sociétales, que doit aussi traiter un parti politique. Les écologistes sont donc là pour faire en sorte qu’à l’instar de la république, l’écologie soit une matrice commune, une valeur de base de l’ensemble du monde politique.

Les écologistes ne seraient donc que des agents d’influence, pas des acteurs directs du pouvoir ?

En tout cas, ils n’arrivent pas à nous démontrer le contraire. Leur efficacité politique se mesure à l’évolution des autres partis, à la prise de conscience écologique générale, plutôt qu’au nombre de leurs députés ou ministres. Et ces derniers temps, ça patine. A droite, c’est un désastre. Après avoir fait le Grenelle de l’environnement, après avoir enfin admis la réalité du réchauffement climatique, la préoccupation écologique est absente des débats du parti Les Républicains. A gauche, les socialistes, accros à la croissance carbonée, ont avec l’écologie l’attitude d’un alcoolique qui jure de vouloir arrêter de boire. Ils font des promesses de long terme mais agissent à l’inverse à court terme. Oui à l’introduction de la taxe carbone pour les années à venir, mais non à l’écotaxe tout de suite. Oui à la croissance raisonnée mais oui aussi aux infrastructures qui disent le contraire comme Notre-Dame des Landes . Le dilemme pour les écolos est, au fond, toujours le même… Vaut-il mieux être au gouvernement pour peser sur les manettes ou en dehors pour être libre d’alerter et de protester ? Faut-il boire modérément avec l’alcoolique pour l’amener à arrêter progressivement ou faut-il lui hurler dessus ? En attendant, l’alcoolique, le shooté à la croissance carbonée, organise à Paris la plus grande réunion des alcooliques pas si anonymes qui vont tous promettre d’arrêter ! La COP 21 . Cette réunion sera-t-elle le lieu, non plus d’une prise de conscience, mais d’un passage à l’acte ? C’est à l’aune des résultats concrets de la COP 21 que l’on mesurera, non pas le poids électoral d’EELV , mais, bien plus important, le poids politique de l’écologie sur ceux qui ont vraiment le pouvoir.

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