Les sommets internationaux ont changés de nature et les chefs d’Etats y jouent désormais un rôle à destination de leurs électorats nationaux.

Au-delà,  bien sûr, des aspects diplomatiques, le théâtre des sommets  internationaux pèsent sur la politique intérieure et sur l’aura  du président. ‘Le G7 d’Emmanuel Macron est une réussite’. Cette musique  résonne depuis hier, parce que ... oui, c’est un sommet réussi, c’est à  dire avec des résultats ! L’image internationale du président est  plutôt bonne aux yeux des français, qui pourtant,  majoritairement ne l’aiment pas. Comme le dit Jacques Julliard dans  l’Express : Emmanuel Macron incarne bien la France mais ne sait pas  (jusque-là, du moins) incarner les Français. La politique étrangère n’a  jamais (depuis la décolonisation) été un élément  primordial de popularité présidentielle. D’ailleurs lors des campagnes  électorales, ce thème n’est ni dominant, ni déterminant. Mais ça change  un peu. Tout le monde comprend que la globalisation, l’interdépendance  de nos économies, la crise environnementale  qui n’a pas de frontières, remettent l’international au cœur des  préoccupations. De profondes divisions politiques, sociales et même  culturelles plombent l’ambiance du pays. La crise des gilets-jaunes a  laissé penser qu’Emmanuel Macron était l’un des facteurs  aggravant de ce qu’il est convenu d’appeler ’les fractures françaises’.  La phase 2 du quinquennat est censée corriger ce malaise. Plus de  consultations (ce qui se passe pour les retraites) moins de déclarations  péremptoires et sentencieuses, moins de ‘je’  plus de ‘nous’. Mais c’est peut-être par la politique étrangère  qu’Emmanuel Macron retrouvera un peu de la considération de ses  concitoyens.
Pourquoi ?
Déjà,  parce que à détailler le cheptel des dirigeants actuels de la planète,  Trump, Salvini, Johnson sans parler de l’insupportable  soudard Bolsonaro, Emmanuel Macron fait figure de gentlemen ! La  goujaterie inédite du brésilien, les outrances de l’américain  (d’ailleurs, visiblement dompté à Biarritz), le coté foutraque du  britannique, la discrétion d’Angela Merkel sur le départ, offrent  au président français, l’avantage du contraste... un profil d’un  classicisme dépoussiéré, rassurant et assez efficace. La planète a la  malchance d’être pourvue de tels dirigeants, Emmanuel Macron profite  aisément de la comparaison ! Et puis, en ces temps de doute  identitaire, d’angoisse de déclassement national, la France (à peine 1%  de la richesse et de la population mondiale) ne pèse que par son  identité politique et le message qu’elle porte. Le multilateralisme, les  solutions négociées et ce nouvel universalisme  qu’est l’écologie, sont des thèmes confusément partagés par la grande  majorité des français. D’ordinaire, ces sommets accouchent (selon le  terme poncif consacré) ‘d’une souris’, alors quand ce n’est pas le cas,  l’aura du président invitant n’en est que plus  forte. L’aura acquise à l’extérieur peut-elle contrebalancer la  défiance intérieure et le poids des réalités sociales inchangées ?  Peut-être un peu puisqu’il s’agit de self estime national ragaillardi.  C’est ce qui s’était passé pour Jacques Chirac après 2003  quand il défendait à la face du monde ces mêmes valeurs :  multilatéralisme et défense de l’environnement. 

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