C'était la première fois : Manuel Valls s'est exprimé hier, sur le TAFTA. Le futur Traité Transatlantique ne sera ratifié par la France que si elle y a intérêt ! Reste à savoir pourquoi le Gouvernement - si discret jusqu'ici - décide désormais de se faire entendre sur le sujet. Hier, c'était assez inédit ... Dans la même journée, pas moins de trois ministres qui prennent la parole sur ces négociations commerciales entre les Etats-Unis et l'Union Européenne... Depuis trois ans que ces négociations ont commencé, jamais il n'y avait eu un telle offensive en France... Manuel Valls, Emmanuel Macron, Matthias Fekl - le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur -... Tous d'accord pour reconnaître que pour l'instant, eh bien, le compte n'y est pas ! Effectivement, depuis trois ans, les Américains et les Européens tentent d'harmoniser leurs réglementations pour créer une grande zone de libre-échange... Autrement dit, ils essaient de se mettre d'accord sur des règles de fabrication commune... sauf que cela coince régulièrement avec la France... Par exemple, sur nos appellations AOC : les Américains ne veulent pas comprendre qu'ils ne pourront pas fabriquer du Brie du Meaux en Californie ... Sur la viande bovine, nos méthodes de production sont aux antipodes de celles qui se pratiquent aux Etats-Unis... Et c'est ce "modèle alimentaire français", que le Gouvernement et François Hollande ont décidé de défendre... Sans doute, parce que la Gauche - et en particulier les Ecologistes, qui depuis le départ, se montrent hostiles au TAFTA - devrait apprécier le nouveau positionnement du président... Mais pas seulement ! A un an de l'élection présidentielle, le chef de l'Etat a probablement perçu le danger d'un Traité, qui s'en prend directement à la vie des consommateurs et à la vie des gens... C'est donc un sujet qui devrait s'inviter dans la campagne de l'année prochaine, comme il s'était invité déjà au dernier scrutin européen, en 2014... Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon - candidats, tous les deux - en avaient profité pour prendre officiellement position et dénoncer ce "Grand Marché Transatlantique"... Cette fois, en 2017, ils ne louperont certainement pas l'occasion de contester quatre ans de négociations et ils passeront au crible tous les accords commerciaux que la France est en train de passer... Avec le Canada par exemple - le CETA -, qui doit être normalement ratifié avant la fin de cette année... Le TISA, sur la libéralisation des services... Ou encore cet accord laitier avec la Nouvelle-Zélande : certains professionnels s'alarment déjà et redoutent une catastrophe pour nos producteurs français... Bref, la lente poursuite des discussions sur le TAFTA - d'ici au printemps 2017 - serait un boulevard pour l'extrême droite comme pour l'extrême gauche qui dès lors, ne manqueraient plus d'arguments pour dénoncer d'un côté la perte de notre souveraineté et de l'autre, l'hyper nocivité d'un monde globalisé... Il est donc urgent d'accélérer pour François Hollande ! C'est la raison pour laquelle, il menace actuellement de quitter la table des négociations... Soit, cela poussera les Américains à faire - un peu plus vite - quelques vraies concessions... Soit, cela met un terme définitif aux tractations... et ce, bien avant le début de la campagne...

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