Dans 4 jours, un suspens insoutenable doit prendre fin. Michèle Alliot-Marie affrontera-t-elle Nicolas Sarkozy dans une primaire au sein de l'UMP ? La ministre de la Défense avait promis de donner sa réponse d'ici la fin de l'année. C'est elle qui l'assure : elle a depuis quelques jours avec elle une grande feuille, blanche, un trait vertical la sépare en deux. A gauche, en haut, on peut y lire un "Moins" d'inscrit. A droite, un "Plus". Et Michèle Alliot-Marie remplit consciencieusement la colonne des moins et des plus. D'ici quelques heures maintenant, elle fera l'addition des deux et verra au final, si elle est en crédit ou en débit. Si cela a donc un sens ou non qu'elle se présente à la candidature contre Nicolas Sarkozy. Alors rapidement, si on jette un oeil par dessus son épaule, que voit-on dans ces colonnes ? Colonne Moins : ce qui est censé la dissuader de se lancer dans la course. La force de l'évidence, la cruelle réalité des rapports de force. Aujourd'hui, personne ne doute que Nicolas Sarkozy aura le soutien financier de l'UMP le 14 janvier, tout simplement parce qu'il a le parti, il a les élus et les ministres, il a un siège de campagne, un staff de campagne, il a déjà presque un futur gouvernement ! Or Mam, elle, a échoué à ébranler la forteresse Sarko. A l'occasion des débats qu'elle a pourtant réclamés à corps et à cri, elle n'a pas démontré l'impérieuse nécessité de sa candidature pour incarner une alternative politique à Sarkozy. Alors, dans la colonne Plus quand même, ce qui est censé la pousser à se lancer, que trouve-t- on ? L'envie de se compter, dit-elle. Elle qui se dit convaincue de peser 40 % dans le parti, fichtre. Se compter évidemment pour peser et jouer un rôle décisif dans la campagne et pourquoi pas dans la victoire. Pendant ces longs mois où elle a fait durer le suspense, elle rêvait en réalité d'imposer un ticket, Sarko/Mam, l'un candidat à l'Elysée, l'autre à Matignon. Mais Nicolas Sarkozy a catégoriquement refusé d'entrer dans ce petit marchandage. Alors aujourd'hui, sincèrement, les additions sont vite faites : il n'y a plus guère de suspens ! Il y a 0, 0000 epsilon % de chance que Mam se lance dans un affrontement avec le président de l'UMP. Non, elle a raté le coche. Elle aurait adoré rééditer son exploit de 1999, lorsqu'elle prit à la barbe des barbons du RPR et de son fondateur, Jacques Chirac, le vieux parti gaulliste. Mais les conditions étaient évidemment différentes, là, elle s'est retrouvée face à un Nicolas Sarkozy qui a construit méthodiquement et sans faillir une véritable machine de guerre pour être candidat en 2007. La ministre de la Défense devrait donc rendre les armes avant d'avoir livré bataille, au grand dam des chiraco-chiraquiens qui voient là l'une de leur dernière cartouche anti-Sarko faire pschitt. Leur dernier espoir, indicible publiquement, mais qu'ils se répètent en chuchotant entre eux : "qu'il arrive un pépin majeur disent ils au candidat UMP... ça peut arriver à n'importe qui" veulent-ils croire, et alors là, Michèle Alliot-Marie serait à nouveau au rendez vous, au garde à vous bien sûr!

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