Les derniers chiffres du chomage de la Dares - 26.12.2013
Les derniers chiffres du chomage de la Dares - 26.12.2013 © Ide

Vous revenez ce matin sur la courbe du chômage… et le pari du président… avec ce cri du cœur : vivement 2014 !

Oui, parce que le fait que la vie politique soit dominée par l’observation des infimes variations d’une courbe, que, de surcroît, la plupart des gens estime moyennent crédible, devient assez lassant. On a vraiment le sentiment que tout a été dit sur ce sujet depuis que cette audacieuse promesse a été faite : François Hollande a fixé cet objectif d’inversion pour convaincre que la politique pouvait avoir des effets sur le cours des choses, pour montrer que l’emploi était la raison d’être de toute son action, la mission sacrée de son mandat.

Il pensait que c’est en affichant avec conviction et culot un objectif conquérant qu’il y avait une chance d’enclencher un effet de psychologie collective pour impulser un regain d’optimisme. Lequel favoriserait la reprise. Une sorte de prophétie auto-réalisatrice. Le dire ne suffit pas pour que ce soit fait, mais le dire, le prévoir, aide à sa réalisation. Il pensait que les effets mécaniques des emplois aidés sur les statistiques pouvaient être un élément déclencheur d’un retournement d’état d’esprit de la société. Il pensait (et pense encore, sans doute) que même si la courbe ne s’inverse pas au moment prévu, les Français ne lui en voudraient pas de ce retard, que le principal, c’est que l’objectif soit atteint (à quelques mois près) et se prolonge dans le quinquennat pour qu’à la fin, on puisse dire : « la courbe s’est inversée », « le pari est gagné »…

Mais pour l’instant, il semble bien que le pari soit perdu ! Et toutes les réactions sont convenues. La majorité dit qu’en fait, la courbe s’inverse, qu’on ne sait pas la regarder, que c’est sur un trimestre que l’on juge, l’opposition a beau jeu de brocarder l’impuissance du président, sa promesse à l’eau. Si la courbe avait décru quelques peu, l’UMP aurait déclaré que les chiffres étaient manipulés… Visiblement, ils ne le sont pas…ou alors très mal. Ce qui, soit dit en passant, permettra au gouvernement, si la courbe s’inverse dans quelques mois, d’affirmer avec un argument de poids que les chiffres ne sont pas truqués ; puisque si c’était le cas, la courbe se serait inversée en temps et en heure ! Bref, on est manifestement dans de la grande politique !

Cette histoire de courbe est aussi une façon d’éviter, le moment venu, la vraie comparaison, la plus logique. Avec la technique de l’inversion de la courbe, on bonifie le bilan en 2017 puisqu’on comparera le chiffre du chômage de 2017 non pas avec celui de 2012, mais avec le sommet de la courbe, quelque part, espérons le, en 2014. Le différentiel sera donc beaucoup plus avantageux pour la majorité ! C’est de bonne guerre, Jean-Luc Hess fait ça aussi avec nos chiffres d’audience et il a bien raison puisque c’est le patron ! Alors vivement 2014 et espérons que l’on se focalise moins sur la courbe et plus sur les vrais enjeux…

Faisons un peu souffler l’esprit de Noël sur la politique ! Soyons optimistes, la courbe de l’intérêt pour la politique va s’inverser l’année prochaine… Vous allez voir, à l’occasion des municipales on se passionnera pour les questions d’urbanisme, de logement et de transport. À l’occasion des européennes on comparera des projets enthousiasmants pour la relance de la construction de l’Union. Et sur le plan national, tous les partis participeront avec entrain au grand débat essentiel de la transition énergétique… On y croit, c’est ma prophétie auto-réalisatrice… Comme pour la courbe du chômage, il faut peut-être commencer à le dire pour que ça ait une petite chance de se réaliser….

Aller plus loin :

Les chiffres officiels du chômage sur le site de Pôle emploi

Hollande juge l'inversion de la courbe du chômage amorcée sur le site de France Inter

Les chiffres du chômage du mois précédent également sur notre site

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