Une chronique de Françoise Degois. ____Pour finir cette semaine un peu morose entre chômage et crise sociale, une note d'espoir. Je peux même aller jusqu'à dire qu'un léger vent d'allégresse souffle dans ma voile ce matin. Monseigneur Williamson a demandé pardon pour ses propos négationnistes. Pardon et pas à n'importe qui. Pardon à Dieu en personne. Dans une lettre adressée au Vatican, qui est donc chargé, je suppose, de transmettre à l'instance dirigeante, Williamson écrit « Devant Dieu, je présente mes excuses ». Entendez-vous le moindre remord, le moindre regret ? Moi je n'entends rien. Je me demande s'il faut en rire ou en pleurer. Remarquez, le pardon formel est assez à la mode. J'en veux pour preuve les excuses publiques de Ruppert Murdoc, le patron du « New York Post », bien connu pour son élégance et son humanisme. Et pourquoi ce brave homme s'excuse-t-il aujourd'hui ? Pour avoir publié un dessin : un chimpanzé violent abattu par la police, le dit chimpanzé pouvant rappeler, et d'une façon extrêmement fine, la caricature de Barack Obama. Ouarf... on se tord de rire... trop bonne celle là ! Non... allez, tape moi sur les cotes, un noir égale un chimpanzé. Je me demande d'ailleurs à ce propos si Ruppert Murdoch et Richard Williamson ne passent pas parfois leurs vacances ensemble. Imaginez leur conversation : « Alors, ça se passe bien avec les juifs ? Et toi avec les noirs ? Et pour le week-end, on invite Dieudonné ? C'est cool. » En tout cas, face à la vague d'indignation, Murdoch s'est excusé, du fond du cœur on s'en doute. En France, l'excuse est très en vogue aussi. Tel Frédéric Lefebvre, infatigable porte bazooka de l'UMP, qui ose à peu près tout sur tout sujet. Hier, il a donc demandé, dans la polémique sur la nomination de François Pérol, à Martine Aubry et François Bayrou, des excuses pour avoir : La première, traité Nicolas Sarkozy de menteur - bouh... la vilaine ! Le second, d'avoir qualifié cette nomination d'illégale - bouh le méchant ! Je me demande s'il faut en rire ou en pleurer. TF1 aussi s'est excusé. L'affaire est grave. Elle nous est révélée par Renaud Revel, notre confrère de « L'Express » sur son blog. Le 18 février, Nicolas Sarkozy enregistre une allocution télévisée. Il commence mais le réalisateur se rend compte au bout de quelques minutes que l'enregistrement ne fonctionne pas. Nicolas Sarkozy doit recommencer. Selon Renaud Revel, le président pique un coup de sang, téléphone à Jean-Claude Dassier, le patron de l'information, pour lui passer un savon. Résultat, TF1 présente ses excuses par courrier au chef de l'état et tout rentre dans l'ordre - ça vous laisse baba ? Admirez plutôt le respect de l'ordre républicain. Et vous, Françoise Degois, vous ne vous excusez jamais ? Si justement, j'allais le faire. Je m'excuse d'abord et avant tout auprès du PS et de l'UMP. Croyez-vous que j'éprouve une quelconque jouissance, intellectuelle bien sûr, à dire tant de mal de ces deux piliers de la démocratie. Je voudrais, moi aussi, tresser des lauriers, chanter des louanges... Face à vous, ce matin, une femme qui souffre. J'ai mal à la politique et je me repends. Ça va comme ça, c'est crédible ? Je m'excuse aussi de participer chaque jour à ce petit crincrin médiatique, ces petites polémiques, ces gnagnangangna sur tout sujet aussi insipides qu'obscènes parfois et qui nous éloignent tant des grands fracas du monde. Ah c'est beau ça, non ? Et pour m'excuser, comme l'âge d'offrir des colliers de nouilles est passé, pour m'excuser, un cadeau, une phrase de Woody Allen, « Si Dieu existe, j'espère vraiment qu'il a une bonne excuse. »

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