Faire de la politique pendant le Corona virus !

Nous entrons dans une ère inédite… peut-être une épidémie à l’heure des fake news… Le souvenir de Lubrisol peut nous faire craindre le pire : les mensonges sur les réseaux sociaux avaient été si nombreux! Le gouvernement va sans doute être amené à prendre des décisions compliquées, incertaines, potentiellement contraignantes pour notre quotidien, notre économie ! Il y a plusieurs biais à éviter : une union nationale, comme en temps de guerre, où toute critique serait bannie, considérée comme une trahison, et à l’inverse, la surexploitation des tâtonnements inévitables d’un pouvoir face à une situation de la sorte. En pareil cas, l’objectif de l’exécutif, c’est d’éviter la propagation du virus. La critique nécessaire devrait donc se désidéologiser un peu, se dépouiller aussi de toute notion tactiques pour se cantonner à l’évaluation de la pertinence des décisions. Le gouvernement sur réagit-il ou sous réagit-il ? Mais comment peut-on en juger ? Attention aux spécialistes de tous poils qui défilent sur certains plateaux ou sur Internet et aux politiques au jugement péremptoire. Certains d’entre eux en profitent même pour tenter d’imposer leurs agendas : le retour hâtif des frontières par exemple ! On a vu aussi Agnès Buzin mettre en doute la réactivité de la maire de Paris ! L’exploitation peut venir de n’importe où.

On peut au moins exiger la transparence ?

Oui, c’est essentiel, sauf que (et c’est paradoxal) parfois être transparent c’est répondre ‘nous ne savons pas’… qui se traduit souvent dans l’opinion par ‘on nous cache tout’. Le mieux c’est donc que le gouvernement informe régulièrement toutes les forces politiques de ce qu’il sait et ne sait pas… peut-être même, s’il le faut, avec une clause de confidentialité, un peu sur le modèle de la commission parlementaire sur le renseignement. Enfin, la difficulté, pour l’exécutif, c’est que les rationalités politiques et scientifiques ne sont pas toujours raccords. Par exemple, on comprend facilement que –malgré les réclamations de certains- la frontière avec l’Italie ne soit pas fermée mais on comprend moins bien alors que tous les élèves qui ont passé leurs vacances dans le nord de l’Italie sont cantonnés chez eux, que les supporters italiens de la Juventus aient été admis à Lyon !  La cohérence ne saute pas aux yeux. Cette décision a été commentée et critiquée hier toute la journée … Le gouvernement a choisi de se fier aux scientifiques et de ne pas sur réagir. Le virus n’est pas plus détecté à Turin qu’à Lyon. La décision prise avec des critères rationnels étaient donc de maintenir le match… Une décision prise avec des critères avant tout politiques (même honorables, pour rassurer par exemple) eut été de l’annuler. Que demandent-t-on à nos gouvernants en pareil cas ? D’être d’abord rationnels ou d’être avant tout politiques ? Comment gouverner, s’opposer, commenter ? Bref, comment rester responsable et éviter de mettre la démocratie en isolement sanitaire ? C’est l’affaire des gouvernants, des opposants, des commentateurs… donc, avec les réseaux sociaux… c’est l’affaire de tous ! Et ça ne fait sans doute que commencer !

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