Ce matin, vous nous faites du Jean-Pierre Pernaud… Vous nous parlez d’un petit métier disparu ! Oui, depuis avant-hier c’est mon nouveau maitre ! Ce petit métier dont il est question ce matin existe toujours mais on n'en parle plus beaucoup un peu comme savetier, ou réparateur de minitel ou dépanneur de mange disque, vous voyez…le genre de métier dont on croyait ne plus avoir besoin… mais, en réalité, le métier de François Fillon va peut être redevenir utile. Vous avez remarqué le retour en grâce de certains artisans de qualités et de leur savoir-faire, à la faveur, ces dernières années, de ce regain de besoin d’authenticité et de vérité… premier ministre en fait désormais parti… Redevenons sérieux. François Fillon est, depuis plusieurs semaines en forme dans les sondages et cette semaine, juste avant l’émission de Nicolas Sarkozy sur TF1, il gagnait 6 points dans le baromètre BVA. On pourrait très bien faire l’analyse que le premier ministre est relativement populaire parce que son caractère et son profil politique sont, à peu prés à l’inverse du caractère et du profil politique de Nicolas Sarkozy qui lui, justement est… relativement impopulaire ! Même s’il est vrai que les profils politiques sont plus ou moins en adéquation avec un climat social particulier et qu’en ces temps de crise où l’on note un besoin de protection plus qu’un besoin de réforme, l’aspect plus sobre et sérieux de François Fillon par rapport à un Nicolas Sarkozy plus éruptif, colle mieux au moment. Mais on pourrait avoir une autre lecture. Celle d’une demande d’un certain retour au classicisme politique, à une normalité rassurante. La façon dont le président semble d’ailleurs vouloir apaiser son discours et passer du rôle de coach braillard à celui d’arbitre pondérateur en est aussi un signe. Et puis il n’est pas logique ni normal que le premier ministre soit durablement plus populaire que le président. Pourquoi ? Tout simplement parce que le premier ministre ne peut pas changer de président alors que le contraire est prévu. La constitution a ses mécanismes d’ajustements et d’adaptations, on va s’apercevoir qu’ils ont leur utilité. Si les piles ne sont pas adaptés à votre transistor (ou à votre mange disque pour garder notre belle image) vous changez de piles, pas de transistor…et surtout pas de mange disque c’est « collector » !c’est pareil avec le premier ministre et le président. Il faut donc que Nicolas Sarkozy se retrouve, à un moment ou à un autre, dans un an ou deux, en situation de relancer son quinquennat en changeant de premier ministre. Ils l’ont tous fait, il y viendra. La chance du président c’est qu’il peut encore utiliser et user la popularité de François Fillon pour réformer, les retraites, les collectivités locales, la justice. Et peut être, qu’à ce prix et en utilisant cette mécanique d’un classique achevé il donnera l’impression que l’exécutif a enfin un peu prise sur la réalité. La constitution est ainsi faite que c’est le premier ministre qui gouverne quand le président préside. Elle est ainsi faite que le parlement contrôle le gouvernement et pas le président…donc la logique, l’équilibre veut que le gouvernement soit responsable. Nicolas Sarkozy, que l’on a abusivement taxé d’hyper président et dont on s’aperçoit aujourd’hui qu’il était surtout un hyper communicateur, fera t’il aussi l’analyse qu’il faut maintenant retrouver l’usage utile de son premier ministre ? Peut être. Saura-t-il le faire ? Là, c’est plus mystérieux parce que c’est aussi une question de caractère et qu’ici, y a marqué « journaliste politique » et pas « psychologue » !...

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