Droit de suite… Marine Le Pen affirmait hier que les journalistes et les politiques français étaient unanimes à considérer que Saddam Hussein détenait des armes de destruction massive.

Oui c’était en réponse à une question sur son sentiment à l’égard du régime de Bachar al-Assad après la révélation de son utilisation d’armes chimiques. Marine Le Pen avait répondu qu’elle ne croyait pas en cette histoire d’armes chimiques… exactement comme elle ne croyait pas que Saddam Hussein ait détenu des armes de destruction massive. Et c’est là que la patronne du Front National a ajouté que toute la presse, et nous même, en particulier, avions véhiculé, à l’époque, l’information selon laquelle le dictateur Irakien en possédait. Marine Le Pen accuse donc la presse dans son ensemble d’avoir menti et manipulé l’opinion. C’est un procès conspirationniste classique de ce côté-là de l’échiquier. En gros « radio-bolcho » -c’est nous- est aussi la voix du Pentagone, allez comprendre ! Souvent, nous laissons dire. Les journalistes aussi doivent avoir le cuir tanné et épais…mais là, c’est trop beau, trop gros, trop clair ! Nous avons la démonstration éclatante de la capacité de Marine Le Pen à dire absolument n’importe quoi afin de discréditer l’interviewer.

Parce que bien sûr, il n’y a avait pas d’unanimité pour considérer que l’Irak de Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive.

Au contraire. Alors que l’Amérique mentait au monde en affirmant avoir des preuves irréfutables, Paris expliquait que ses services de renseignement n’avaient aucun élément qui accréditait l’idée que l’Irak détenait toujours des armes de destruction massive. Et la plus grande partie de la presse ne faisait que relayer cette controverse franco-américaine sans pouvoir se prononcer sur l’existence ou non d’armes de la sorte sur le sol Irakien.

On se souvient du discours de Dominique de Villepin à l’ONU, le 14 février 2003.

Oui et l’opinion généralement partagée, dans la presse française, c’était que la guerre en Irak ne pouvait pas être justifiée sur les seules affirmations de l’administration Bush, qui paraissait surtout chercher des justifications pour mener une guerre qui l’arrangeait. Marine Le Pen a donc tout faux, de A à Z… et son emportement masquait mal la gêne de celle qui tente (et réussit souvent) à dédiaboliser son parti. Mais en la matière la dédiabolisation est travail de titan… Jean-Marie Le Pen, à l’instar d’une grande partie de la classe politique française, a toujours adoré les dictatures arabes. Il a rencontré Saddam Hussein à Bagdad, pendant l’embargo. Sa femme, Jany Le Pen était même présidente d’une association caritative très proche du régime baasiste finissant. La mansuétude que manifeste Marine Le Pen envers le dicteur Syrien n’a d’égal que son admiration pour Vladimir Poutine. Mais à mesure que l’on découvre de quoi est capable le boucher de Damas, elle sent bien que cette position est à contre-courant du ravalement général de l’image du FN entrepris sous l’égide de Florian Philippot. Et pour masquer cet embarras, Marine Le Pen a un réflexe, somme toute assez classique : grossir le trait, être péremptoire et définitif en remplaçant la vérité des arguments par le décibel de l’invective !

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.