La nouvelle Assemblée va siéger pour la première fois aujourd’hui…

Oui et la grande interrogation c’est : quelle est la conception parlementaire d’Emmanuel Macron ? Quel rôle doit jouer le parlement dans la république Macronienne ? Les constitutionnalistes se sont mis d’accord pour qualifier La Vème République de « parlementaire rationalisée ». Un doux euphémisme. On pourrait plutôt dire « parlementaire marginalisée » tant le parlement n’est pas décisif dans notre système politique. Mais, comme aimait à le rappeler Guy Carcassonne, défenseur critique de nos institutions, en réalité, les textes, la constitution, le règlement de l’Assemblée, comportent de quoi rendre le parlement plus actif, plus décisif, notamment sur le sujet trop oublié du contrôle de l’exécutif. Bref le Parlement pourrait être beaucoup plus vivant, être le cadre –ce devrait être son rôle- des débats de la société, bien plus que la caisse enregistreuse des désirs de l’exécutif… s’il le voulait… mais, jusqu’ici, il ne le veut jamais, du coup les vrais débats se tranchent dans la rue, sous la pression des médias. Les parlementaires ont alors très vite l’impression de ne servir à rien et se replient dans leur circonscription pour labourer leur terre d’élection, ne revenant à Paris que pour être vu par leurs administrés le mercredi, lors des questions orales diffusées sur France 3… un programme très prisé dans les maisons de retraite !

Et pourquoi le parlement n’utilise pas le pouvoir qui est le sien ?

Parce que le fait majoritaire, le mode de scrutin envoie, en masse (et cette fois-ci c’est encore plus le cas) un groupe ultra dominant dont la principale qualité, aux yeux de l’exécutif, sera la discipline. Les partis, sous la Vème République sont, en réalité des écuries présidentielles. Il est d’ailleurs assez révélateur (et si l’on y pense paradoxale) que lors des élections législatives, le parti qui soutient le président s’affiche en « majorité présidentielle » et non pas en « majorité parlementaire ! » Le parti du président n’a rien à négocier avec personne puisqu’il est toujours majoritaire à lui seul. L’exécutif, à peine installé, décide qui sera le président du groupe majoritaire. Christophe Castaner, invité d’Inter en fin de semaine dernière, parlait même de la nomination de Richard Ferrand à la tête du groupe LREM ! C’est dire la culture de domination de l’exécutif sur le législatif dans notre pays. En ce moment ce sont les dirigeants du parti du président (des cadres que personne ne connait et qui n’ont été élu par personne) qui forment les nouveaux parlementaires, élus bien souvent juste sur leurs étiquettes macronniste, après avoir été investis par le parti du président. On le voit, la vitalité ou non du parlement ne dépend que d’un homme, de son bon vouloir, qui, dans cette configuration de majorité massive, novice et centrale, avec une opposition éclatée aux franges de l’hémicycle, est hyper dominateur. Or on ne sait rien de la conception macronienne du rôle du parlement. De cette Assemblée rénovée, peut sortir le meilleur de la vitalité démocratique ou le pire du caporalisme et de l’autorité centralisée. On ne le saura vraiment qu’à l’usage… au fil des mois.

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