La mécanique du « in » et du « out »Oui, c’est une mécanique classique qui se met en place dès qu’il y a compétition politique au sein d’une même famille. Là, nous parlons de la primaire socialiste. Il y a trois candidats déclarés pour l’instant : Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et François Hollande. Et puis il y a la candidature probable, certaine même de Martine Aubry qui se déclarera dans quelques jours. Dès lors, ce qui va dominer (au début au moins) c’est le duel apparent entre François Hollande, nouveau roi des sondages, et Martine Aubry, la patronne du PS. Et c’est là que se met en place la mécanique du « in » et du « out ». Martine Aubry sera « in » (pas au sens à la mode) : elle représentera forcément la machine socialiste, l’appareil, entourée des éléphants, avec l’appui des fédérations. Et François hollande sera « out » (pas au sens ringard ou dépassé) : il sera le candidat hors appareil, celui qui dérange, celui qui bouscule les structures, qui brise les tabous. On voit déjà se profiler cette distinction qui avait fait le succès de Ségolène Royal aux primaires de 2007. L’opinion, les journalistes, préfèrent toujours les francs tireurs, ceux qui transgressent au représentant officiel d’une ligne établie par un parti et ses caciques. C’est d’ailleurs tout à fait naturel et bien français de préférer le vilain petit canard d’une famille plutôt que le chef. Cette position a aussi assuré le succès de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de Jacques Chirac entre 2002 et 2006. Il y a une notion de contre-pouvoir interne assez rassurante dans cette idée de préférer celui qui sait dire non dans son propre camp, et qui donc a la capacité de regarder au-delà de son clan. Et François Hollande profite de cette situation.Oui, jusqu’à maintenant, et depuis la mise hors-jeu de DSK, il représentait l’image de l’alternance souhaitée par une majorité de Français. Ségolène Royal ne réussissant pas à se départir de son image de perdante de 2007 et Arnaud Montebourg n’arrivant pas à s’imposer. Aujourd’hui, alors que se profile la candidature Aubry, François Hollande a reçu le plus beau cadeau qu’il pouvait recevoir de l’appareil du PS. Un dénigrement hautain de la part de Laurent Fabius. L’ancien Premier ministre qui pourtant, depuis de longs mois aide le PS à se rassembler et à travailler, tente maintenant de disqualifier François Hollande avec des réflexions sur son manque de stature et d’expérience. Si l’élection présidentielle était un concours d’expérience et de stature, Laurent Fabius serait le Président de la République depuis 10 ans et DSK ne serait pas au bord de la prison à vie ! Du coup, François Hollande apparaît comme le mouton noir, celui qui, comme Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy en leur temps, ose défier les légitimes-autoproclamés, les « in » de l’appareil. C’est une aubaine inespérée pour François Hollande qui, en réalité n’est ni iconoclaste ni transgressif. Pour éteindre le feu allumé par Laurent Fabius, les amis de Martine Aubry rappellent que François Hollande est pour le cumul des mandats, une position très « appareil », qu’il a été 10 ans à la tête de « l’appareil », qu’il est entouré de barons régionaux et départementaux, piliers de « l’appareil ». Seule l’entrée en lice de Martine Aubry et l’énoncé de ses propositions pourront mettre fin à cette guerre des « in » et des « out » qui n’apporte pas grand-chose au débat, et est basée sur des constructions artificielles.

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